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Xavier Mathieu, délégué chez Continental, qualifie Bernard Thibault de parasite


Xavier Mathieu, délégué chez Continental, qualifie Bernard Thibault de parasite

Il persiste et signe. Xavier Mathieu, leader CGT du site Continental de Clairoix (Oise), est loin de se repentir après sa sortie contre Bernard Thibault. «Beaucoup de délégués syndicaux me soutiennent... Ils me disent : "Bravo ! Tu dis tout haut ce qu'on pense tout bas".» Seul regret : «Je n'aurais pas dû sortir "racaille", connoté Sarkozy, mais "parasite".» Dans le creux de l'été, ses propos sur France Info ont fait l'effet d'une bombe. «Les Thibault et compagnie, c'est juste bon qu'à frayer avec le gouvernement, à calmer les bases. Ils servent juste qu'à ça, toute cette racaille, fustigeait-il lundi. […] Thibault, on l'a jamais vu, on n'a jamais eu un appel !»

Aujourd'hui, le leader syndical de l'équipementier automobile, qui a obtenu 50 000 euros d'indemnités pour chacun des 1 120 salariés licenciés, se sent tout de même obligé de préciser sa pensée : «J'attaquais uniquement les fédérations. J'ai un respect immense pour la base qui se bat au quotidien mais qui voit qu'en haut, ça ne suit pas.» Car c'est bien ce que reproche le délégué à sa hiérarchie : son manque de combativité en période de crise. Muet au départ, l'entourage de Bernard Thibault, encore en vacances, s'est décidé à répliquer. «Ces propos dépassent largement ce qui est normal dans une organisation syndicale» , s'est indigné Jean-Christophe Le Duigou, bras droit du secrétaire général, dans La Tribune de jeudi.

C'est le 21 avril que tout dérape entre Xavier Mathieu et la CGT. Ce jour-là, près de 200 «Contis» saccagent la sous-préfecture de Compiègne dans l'Oise, furieux de la décision du tribunal de Sarreguemines (Moselle) qui entérine la fermeture de l'usine. Sept salariés, dont Xavier Mathieu, comparaissent le 17 juillet devant le tribunal de grande instance de Compiègne. «Bernard Thibault a refusé de demander notre relaxe. C'est honteux ! La seule réponse qu'on a eue est que la CGT ne soutient pas les voyous et que la radicalisation ne fait pas partie de ses méthodes» , lance-t-il révolté.

Le syndicaliste touche là le vrai point de discorde avec la CGT : la manière de mener un conflit. Car si Xavier Mathieu ne se revendique d'aucun parti, il a pour conseiller Roland Szpirko, ancien leader des ouvriers de Chausson dans les années 90 et surtout ancien élu régional Lutte ouvrière. «Roland n'a jamais voulu faire intervenir Arlette Laguiller dans le conflit. Mais pour la CGT, ça a été la catastrophe», confirme Xavier Mathieu qui attend le congrès de sa centrale CGT, en décembre, pour savoir s'il rend sa carte du syndicat.

http://www.liberation.fr/economie/0101586470-la-cgt-secouee-par-l-ire-d-un-militant



23/08/2009
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