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30 décembre 2006 — saddam hussein assassiné (VI)

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Le juge ayant condamné à mort l'ancien président irakien Saddam Hussein a fui l'Irak pour la Grande-Bretagne où il a demandé l'asile politique, a rapporté hier la chaîne satellitaire qatarie al-Jazira. Le juge Raouf Rachid Abdel Rahmane a fait sa demande d'asile ces derniers jours en Grande-Bretagne, avec sa famille, a indiqué la chaîne basée à Doha, en citant un responsable britannique.
Le correspondant d'al-Jazira à Londres a précisé que le juge irakien se trouvait en Grande-Bretagne depuis décembre, où il s'était rendu avec un visa touristique.
À Londres, une porte-parole du ministère de l'Intérieur s'est refusée à tout commentaire.
L'ancien président irakien a été pendu le 30 décembre, après avoir été condamné à mort pour l'exécution de 148 villageois chiites au nord de Bagdad dans les années 1980.

 
• Lettre manuscrite du Président Saddam Hussein au peuple des États-Unis
 
 

Au nom de Dieu le Miséricordieux, le Bienfaisant

«Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d'entre eux ont atteint leur fin, et d'autres attendent encore; et ils n'ont varié aucunement (dans leur engagement); afin qu'Allah récompense les véridiques pour leur sincérité, et châtie, s'Il veut, les hypocrites, ou accepte leur repentir. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Et Allah a renvoyé, avec leur rage, les infidèles sans qu'ils n'aient obtenu aucun bien, et Allah a épargné aux croyants le combat. Allah est Fort et Puissant.» [Le Coran 33:23-25]

Au peuple des États-Unis

La paix, sur ceux qui croient et désirent la paix, et la miséricorde de Dieu et sa bénédiction.

Je vous adresse cette lettre depuis mon lieu d'incarcération, pour tenter, en vertu de ma responsabilité morale, humaine et constitutionnelle, de faire qu'aucun parmi vous ne puisse dire ne pas avoir entendu un message de paix après que la guerre ait commencé, pour réfuter ainsi ses prétextes, dans le désir de paix pour vous ainsi que pour notre digne, loyal et héroïque peuple. Alors que je dis cela, je ne sais pas si mes frères et camarades à l'extérieur qui conduisent la Résistance vous ont déjà approché ou pas. Cela est dû à la «démocratie» de vos dirigeants qui depuis mon arrestation à ce jour m'interdit l'accès aux journaux, aux magazines, à la radio et à la télévision. Cela m'a isolé du monde et isole le monde de moi, pour que je ne puisse pas entendre ou voir quoi que ce soit en dehors de mon lieu d'emprisonnement.

Est-ce cela le vrai visage de la démocratie et des droits de l'homme que vos dirigeants préconisent pour l'extérieur des États-Unis!? Ou auraient-ils alors menti? Cette «Démocratie» comprendrait-elle, le meurtre de personnes dans les prisons, certaines au moyen de pistolets par des investigateurs étasuniens. Ou alors tout cela, et d'autres détails encore qui donneraient des cheveux blancs à une personne sensible, vous ont été cachés par vos dirigeants pour que vous ne sachiez pas la vérité!?

En tout cas, je vous adresse cette lettre dans l'espoir qu'elle vous arrivera, et que vous en prendrez connaissance. Sur la base de ma responsabilité je porte ces faits devant l'opinion internationale, quelle que soit sa couleur ou sa nationalité, parce que c'est notre devoir envers elle, de même que c'est le sien envers nous de ne pas accepter la malfaisance.

1. Je vous adresse cette lettre aujourd'hui sur le conseil de mon avocat éminent, le professeur Ramsey Clark. Celui-ci ainsi que le professeur Curtis Dobler sont des exemples de conviction humanitaire et m'ont laissé une très bonne impression. En cette occasion je voudrais saluer leur courage pour s'être proposés pour cette tâche, bien qu'ils connaissaient les dangers encourus – quatre parmi les avocats de la défense ont été assassinés.

Peuple des États-Unis, il me semble que les officiels de votre gouvernement persistent dans le mensonge et ne vous disent pas les raisons exactes pour lesquelles ils ont engagé cette agression. Ils ont trompé délibérément, dès le départ, pas seulement la communauté internationale, et en particulier l'Union européenne mais aussi les peuples des États-Unis eux-mêmes. Ils n'est pas non plus vrai quand ils disent, après que leurs mensonges aient été découverts, d'avoir été trompés par leurs agences de renseignement et les pantins amenés dans leur fourgon pour les servir en Iraq. Cela rappelle ce qu'avait l'habitude de faire le vieil impérialisme et les vieux empires des 19ème et 20ème siècles. Nos affirmations sont basées sur beaucoup de faits, et voici les principaux d'entre eux:

Les équipes d'inspecteurs – agissant au nom des Nations Unies qui ont fouillé même des maisons privées, des départements gouvernementaux, des palais présidentiels – savaient que l'Iraq n'avait pas d'armes de destruction massive. Les dirigeants de ces équipes étaient étasuniens, britanniques et avaient en plus des espions et des volontaires d'autres nationalités. Ces équipes qui ont fouillé l'Iraq de fond en comble, d'une extrémité à l'autre n'ont jamais trouvé d'informations contraires à celles communiquées par notre gouvernement. Les inspections ont duré plus de sept ans. En plus des équipes qui voyageaient en voiture et à pied, ils se sont servis d'avions espions, d'hélicoptères et de satellites. Les dirigeants étasuniens et britanniques pensaient que c'était l'opportunité historique pour frapper l'Iraq et détruire ses aspirations légitimes, ses éminentes réussites scientifiques et culturelles de ces 35 dernières années. Ils ont fait usage d'informations collectées par leurs espions parmi les équipes d'inspecteurs et ont utilisé - après l'incident du 11 septembre - la soi-disant guerre contre le terrorisme. Ils ont mélangé les cartes pour faire remonter des objectifs décidés d'avance, autres que ceux annoncés publiquement au départ.

Ils ont estimé que l'embargo inique n'avait pas réussi à détruire la volonté de l'Iraq, pas plus que ses aspirations légitimes de se développer économiquement, culturellement, scientifiquement et en tant que civilisation. Ils ont cru que l'Iraq était sur le point de briser l'embargo économique à l'aide de ceux qui coopéraient avec lui sur la base d'intérêts mutuels et des sentiments nationaux fraternels pour ce qui concernait les Arabes. Les dirigeants de votre pays ont cru que là se trouvait leur chance d'imposer leur volonté au monde, par le contrôle du pétrole du Moyen-Orient, sa production et sa nouvelle mercatique et d'autres objectifs – ceux dont nous avons parlé avant 2003 – en plus d'avoir atteint un de leurs objectifs sionistes et obtenir leur soutien à vos élections. L'Iran et ses laquais de leur côté ont joué un sale rôle en faisant paraître l'agression attractive et en facilitant son implémentation.

2. Malgré la pression de l'évidence les officiels étasuniens ne se sont pas retirés de l'Iraq, mais avouèrent que les faits étaient contraires à ce qu'ils avaient affirmé lors de l'invasion de mars-avril 2003. S'ils avaient été honnêtes quand ils ont dit qu'ils avaient été trompés par les informations qu'on leur avait fourni, qui ont servi de justification à l'invasion – comme quoi la sécurité des États-Unis était affecté – ils auraient dû se retirer de l'Iraq et faire leurs excuses à l'héroïque peuple iraquien, au peuple étasunien et aux peuples du monde pour ce qu'ils avaient commis.

Aucun parmi les [officiels] étasuniens n'a demandé à son gouvernement, avant la guerre, comment l'Iraq qui n'était pas encore sorti du sous-développement, pouvait-il menacer la sécurité d'un pays comme les États-Unis, au-delà de l'Atlantique, et la raison pour laquelle l'Iraq aurait voulu les menacer, surtout à une époque où ceux-ci n'avaient pas encore violé son territoire. Si les officiels étasuniens voulaient promouvoir l'idée que la menace iraquienne provenait de l'opposition entre l'Iraq et les États-Unis au sujet de l'occupation sioniste de la Palestine et d'autres terres arabes, on peut réponde que l'Iraq n'était pas le seul pays dans le monde, arabe ou non, qui soit dans ce cas. De plus, qui a autorisé les États-Unis à commander à leur guise les politiques des autres pays et à leur faire la guerre s'ils ne s'y conforment pas? Comment peut-on comprendre l'appel des États-Unis pour la démocratie, si cela ne permet pas les différences d'opinion même sur des questions de caractère régional, sinon international?

Un autre mensonge était la prétention par les officiels étasuniens que l'Iraq avait des liens avec ce qu'ils appelaient le «terrorisme» alors que le Premier ministre britannique allait déclaré le contraire – l'Iraq ne possédait pas non plus d'armes interdites par les instances internationales - ce qui a obligé Bush de déclarer la même chose. Malgré cela, aucune parmi les personnalités étasuniennes importantes n'a demandé au président Bush, sur quelle analyse rationnelle ou information réaliste reposait cette affirmation. Savez-vous, mesdames et messieurs, pourquoi ils ne l'ont pas demandé? Parce que certains parmi vos personnalités proéminentes sont manipulés par des puissances occultes qui déforment l'information que vous recevez concernant l'Iraq, durant des années ils ont préparé le terrain pour faciliter cette agression. Par conséquent, personne n'a demandé aux officiels étasuniens, par exemple, pourquoi aucun Iraquien n'avait pris part aux événements du 11 septembre!? Et si la participation d'individus à l'attaque de cibles étasuniennes n'implique pas forcément la participation d'un pays, alors, comment pouvez-vous accuser un état comme l'Iraq, dont le caractère de son système politique est connu, de soi-disant relations avec la terreur? Comment pouvez vous accepter cette accusation comme l'une des deux à avoir servi de prétexte pour agresser notre peuple, détruisant son patrimoine et ses réalisations, menaçant des vies directement et journellement?

Le savez vous, mesdames et messieurs, que j'avais demandé à un des officiels étasuniens qui s'est entretenu avec moi pendant deux semaines: «Sur quoi avez vous basé ces fausses accusations?» Il m'a répondu qu'en ce qui concerne les armes de destruction massive, «nous n'avions rien pour confirmer ce que vous disiez», et concernant les liens avec le terrorisme, il a dit: «Parce que vous, Saddam Hussein, n'avez pas envoyé de lettre de condoléances au président Bush après l'incident» [du 11 septembre].

J'ai souri avec amertume et lui ai dit qu'en ce qui concerne la prétendue absence de confirmations à propos de nos déclarations, il semblerait que vos officiels mentent et imaginent que leurs homologues dans les autres pays du monde font de même ou alors que parmi ceux avec qui vous avez des relations il y en a - qu'ils s'opposent ou s'accordent avec vous - qui ne vous disent pas la vérité. C'est une question dangereuse, pas seulement pour les autres pays dans le monde, mais aussi pour les États-Unis, si personne ne dit leur dit «c'est une erreur» et «ce n'est pas acceptable»! Et à un moment ou les avions étasuniens ciblent l'Iraq et détruisent nos biens publics et privés, tuant sans raison des citoyens iraquiens, y compris des femmes et des enfants, et imposent à notre pays un embargo injuste lui interdisant l'importation même de crayons pour les enfants de l'école primaire, qu'est ce qui obligerait Saddam Hussein à envoyer un télégramme de condoléances au président d'un état, dont les officiels ont commis tous ces crimes, si ce n'était que par hypocrisie et par faiblesse? Je ne suis ni hypocrite ni faible et je n'ai pas envoyé de télégramme de condoléances à Bush. Cependant j'ai été d'accord pour l'envoi d'un tel télégramme au nom du gouvernement par le camarade Tarik Aziz, le Vice-Premier ministre, à notre ami Ramsey Clark et à travers lui aux familles qui ont été frappées.

Les grands états vivent-ils tellement en dehors de la réalité pour imaginer que quiconque n'envoie pas de lettre de condoléances mérite qu'on lui déclare la guerre, ainsi qu'à son pays et à son peuple!? Constatez-vous comment les dirigeants de votre pays se sont même servis de votre sang pour promouvoir une politique dangereuse et agressive? Est-ce une telle moralité que devrait avoir un peuple, des hommes, des responsables politiques? Il n'y a rien de plus grave, et qui conduise à des désastres, que les erreurs commises par des gens frappés de délires, méprisant délibérément le rôle des autres. Il s'agit bien là de la pire maladie des dirigeants étasuniens impliqués dans la guère contre l'Iraq.

3. Après mon arrestation ils ont vainement tenté de m'intimider. Un des leurs généraux m'a fait une série de menaces et essayé de négocier avec moi, promettant de me laisser la vie si je consentais à lire de ma propre voix et à signer une déclaration, qui appelait le peuple d'Iraq et à la Résistance de baisser les armes. Selon mon interlocuteur, si je refusais, mon sort serait celui de Mussolini. Évidemment, j'ai refusé avec dédain; et n'ai même pas touché ce sale document pour ne pas me souiller. Je lui ai dit que si j'avais la chance de m'adresser à mon peuple, je leur demanderait d'intensifier leur résistance.

Sept jours plus tard, ils ont envoyé en renfort un groupe. Ils m'ont dit qu'ils venaient d'une université aux États-Unis et voulaient engager avec moi une large discussion. J'étais d'accord et leur ai confirmé que l'Iraq n'avait rien de ce dont les officiels étasuniens l'accusaient et leur ai conseillé que les é-U quittent rapidement l'Iraq et s'excusent auprès du peuple iraquien. Je les avais alors prévenus de ce à quoi ils sont aujourd'hui confrontés – en fait, avec le temps leur situation empirera et ils n'auront même pas la possibilité de retirer leur armement ni leur équipement quand les deux moitiés de l'Iraq les submergeront, si Dieu le veut, parce que notre peuple est profondément enraciné et consciencieux. Notre libération ne peut être nette et complète que dans l'unité et la tolérance parmi les rangs de notre peuple. Les plaies doivent être soignées et non pas envenimées davantage.

Je les avais alors averti, mais ils n'ont pas changé, ils n'ont pas remplacé les clés du mensonge et persistent à frapper à la porte du mal plutôt qu'à celle de la légitimité. À ce propos j'ai attaché à cette lettre quelques versets d'une longue ode de 56 versets. [Ils n'ont pas été traduits]

4. Il n'est pas rationnel, ni convainquant, qu'un pays tel que les États-Unis ayant accès à toutes les agences de renseignement des pays de l'Est, et de la plupart des pays de l'Ouest, ne sache pas, ni ne puisse apprendre la vérité. Beaucoup de pays dans le monde peuvent trouver un intérêt dans nos guerres, mais les États-Unis, malgré ce qu'ils peuvent penser, n'en ont pas, bien au contraire.

Les États-Unis sont un grand pays de l'autre côté de l'Atlantique. Un grand pays d'une telle puissance inégalée, faisant penser à certaines gens chez vous qu'il est en voie de devenir un empire mondial. N'ont-ils pas appris la leçon de la guerre du Vietnam? Alors que les Occidentaux appuyaient l'idée que le communisme international et le bloc soviétique étaient une menace pour leurs intérêts et leur sécurité, cette propagande n'était qu'un piètre prétexte. Néanmoins les États-Unis s'en sont servis, se sont enrobés dedans, jusqu'à ce que le peuple héroïque du Vietnam les expulsé par la force.

Pour ce qui concerne l'invasion de l'Iraq, elle est survenue dans un contexte où le premier pas était facile, du point de vue de la réaction de la communauté internationale et du rapport de forces international. Pourtant elle s'est avérée plus coûteuse que leur guerre contre le Vietnam. C'est dû au fait que lorsque les États-Unis ont été expulsés du Vietnam, ils n'ont pas perdu de leur prestige, ni de leur rang. Mais quand ils seront expulsés, voire mis en déroute par un pays comme l'Iraq, qui n'a pas l'appui direct d'une grande puissance, ils perdront le fondement de leur position et de leur crédibilité internationale.

En fait, leur réputation a déjà commencé à se désagréger. Ils ne sont plus en mesure de brandir le grand bâton et menacer de s'en servir comme ils le faisaient dans le passé, quand la menace accomplissait davantage que son usage. J'irai plus loin encore et dire qu'après cette guerre, ce bâton n'effraye plus beaucoup de monde, et les États-Unis ont besoin du silence des pays les plus petits et les plus modestes, à qui ils tentent de faire plaisir pour qu'ils ne dénoncent pas leurs crimes et leurs politiques téméraires et déviantes.

Dans le passé, beaucoup de pays dans le monde s'étaient habitués à courtiser les États-Unis. La plupart d'entre eux, hormis quelques-uns, cédaient aux menaces ou les parent avec des arguments défensifs. Mais maintenant, Mao Zedong, de chère mémoire, rit dans sa tombe parce que sa prédiction a été réalisée, les États-Unis se sont avérés un tigre de papier. Cela a été par la volonté du Dieu éternel et vivant et des ses représentants sur terre, les héroïques Moudjahidin dans le glorieux, vertueux, militant, Iraq djihadiste. Que Dieu bénisse le peuple héroïque de l'Iraq, que Dieu bénisse le djihad et les Moudjahidin.

Mesdames et messieurs, peuple des États-Unis, l'époque est terminée où les armées les plus grandes et les mieux armées pouvaient vaincre les formations organisées de l'armée opposée et amener ainsi leur guerre à un terme. Maintenant regardez notre armée courageuse, notre peuple héroïque et nos Moudjahidin, ont remplacé le système de formations organisées avec une nouvelle façon de faire la guerre. Au fur et à mesure que les étasuniens sur le terrain deviennent les cibles des armes des révolutionnaires ou sont attaqués par des meurtrières bombes humaines, dont le corps est empli de la foi en Dieu, la supériorité étasunienne s'effrite. En fait, dans le proche avenir, cette supériorité deviendra un fardeau et l'équipement difficile à récupérer. Les États-Unis, se fieront-ils à la voix de la rationalité qui appelle à la préservation de ce qui leur reste encore, ou à Satan, le dissimulateur, et aux suppôts du sionisme pleins de haine, qui continueront à pousser les étasuniens jusqu'à ce que les vagues les avalent et qu'ils sombrent dans les profondeurs de la mer enragée?

Qui, après tout, a décrété que le gouvernement des États-Unis deviendraient le gendarme du monde, modelant le monde suivant leur souhait, donnant des ordres aux pays du monde? Saddam Husssein, mesdames et messieurs, est un honorable patriote, un homme honnête. Il est un homme d'état résolu à implémenter la loi, avec justice, mais bienveillance. Il aime son peuple et sa nation. Il est droit. Il ne trahit, ni ne trompe. Il parle la vérité même contre lui-même. Est-ce que des tyrans comme Bush aiment de telles caractéristiques? Si Bush avait été une des personnes telles que De Gaulle ou même Reagan, peut-être les aurait-il comprises ou tout au moins il ne les aurait pas détestées. Mais je dois vous avertir que votre pays découvrira plus encore, mesdames et messieurs. Votre pays à perdu sa réputation et sa crédibilité. Vos compatriotes qui pouvaient voyager de par le monde, être respectés, en sécurité et les bienvenues où qu'ils aillent, ne peuvent plus maintenant sortir des États-Unis sans craindre pour leur vie. Votre département d'état émet constamment des mises en garde sur les régions du monde qui sont dangereuses pour vous.

Ce sont les dirigeants des États-Unis avec leurs politiques qui ont créé dans le monde une atmosphère anti-étasunienne par leur comportement arrogant, leur attitude hautaine et agressive, leur manque de respect pour la loi internationale et la sécurité du monde – y compris la sécurité de ma nation arabe, par leur soutien à l'entité sioniste en Palestine – et leurs positions sur d'autres questions mondiales et humaines.

Aujourd'hui vous êtes dans une situation internationale fâcheuse et personne d'autre que vous-mêmes, ne peut vous secourir. Si vous vous réformez vous ouvrirez pour vous et le monde une nouvelle opportunité. Il vous appartient de décider de prendre ou pas cela en compte. Ce dont vous avez besoin est une concurrence libre et juste dans une situation de paix, pour assurer la sécurité.

Bien après le 18ème siècle ils sont venus comme les anciens envahisseurs au Moyen-Orient rappeler des souvenirs qui réveillent et suscitent la résistance. Le Moyen-Orient, la patrie arabe en particulier, a été le berceau de prophètes et de messagers de Dieu. Est-ce que ce berceau à prophètes, l'endroit où ils sont enterrés, serait aussi la maison de démons et de leurs adeptes – les envahisseurs malveillants?

Nous avons cru, et notre foi nous a convenu

Puis sont venus le Sionistes avec le diable pour guide

Ils ont surgi sur nous comme des envahisseurs, injustes.

Ils n'ont pas arrêté leur progression, ni resté sur place,

Leur patron diabolique avait préparé leur dilemme.

Mais pour nous, nous avons comme patron Dieu le Miséricordieux.

Peuple des états-Unis, malgré les crimes que votre gouvernement a perpétré contre notre peuple, notre nation arabe et l'humanité, le peuple d'Iraq – et par là j'entends les vrais Iraquiens, pas ceux dont la loyauté est aliénée, ceux qui préfèrent servir des étrangers plutôt que leur peuple – je parle du peuple libre d'Iraq, qui même dans les circonstances présentes ne pense pas seulement à sa destinée mais aussi de la destinée des autres, là où il est possible de trouver une solution à un problème pénible.

Sur cette base j'ai dit à quelques étasuniens que j'ai rencontré en prison, pourquoi n'arrivez-vous pas à un accord avec la Résistance pour désigner un pays et définir des modalités qui permettraient à la Résistance de livrer les soldats étasuniens qu'elle capture, plutôt que d'avoir à les exécuter comme c'est le cas, semble-t-il, aujourd'hui. En fait le degré de responsabilité de la résistance pour cela est inconnu, mais il est connu que les États-Unis n'ont pas respecté la loi internationale en Iraq, y compris les Conventions de Genève concernant les prisonniers et les détenus. Que la responsabilité incombe à la Résistance ou à d'autres parties sans lien avec elle, la justification pour cela réside dans le fait qu'il n'y a pas de lieu convenu où garder des prisonniers.

Donc pour faire face aux nécessités humanitaires et pour éliminer la justification de tuer les prisonniers je vous fais cette proposition ainsi qu'à la Résistance et à tous ceux concernés. Je fais cela avec les meilleures intentions. Si vous l'acceptez, et respectez les Conventions de Genève alors l'argument de ceux qui tuent plutôt que prendre des prisonniers disparaîtra. Mais si votre gouvernement ne l'accepte pas, il portera la responsabilité pour l'avoir refusée, ainsi que toutes les conséquences. Cela sera particulièrement vrai si le nombre de prisonniers étasuniens dans l'avenir augmente, et nous croyons que tel sera le cas. Votre gouvernement est-il incapable d'anticiper avant qu'il ne soit touché?

Mesdames et messieurs, l'heure est venue à votre gouvernement de considérer tous les peuples comme ses égaux devant la loi internationale quelle que soit leur importance et les pays auxquels ils appartiennent. Quand un pays viole la loi internationale, que ce soit par sa politique ou par le comportement de son armée, il doit subir les conséquences de ses actes et n'a pas le droit de demander à d'autres de le protéger en vertu des lois qu'il a bafouées.

Mesdames et messieurs, ceux qui ont manqué leur chance d'essayer de prévenir la guerre, ont encore la possibilité d'agir pour y mettre un terme et ramener la paix et la liberté en Iraq selon la volonté de son peuple, sans intervention étrangère quelle qu'elle soit.

Peuple des États-Unis, je vous parle ni par faiblesse, ni en suppliant. Moi, mon peuple, mes frères, mes camarades et ma nation – nous nous adressons à vous sur la base de la responsabilité morale et humaine. Je vous dis que les officiels que vous connaissez, et le premier d'entre eux, votre Président, vous a menti, fourvoyé et trompé en se servant des media qui vous ont dépeint l'Iraq comme incorrigible et Saddam Hussein comme un haïssable dictateur, que son peuple hait et n'attend que l'opportunité pour s'en débarrasser. Certains, se vautrant dans le mensonge et la fausseté au point de déclarer ouvertement que les Iraquiens accueilleraient les envahisseurs avec des fleurs; des chants et des cymbales.

Je sais que beaucoup de personnes ne font pas suffisamment d'analyses, n'ont pas le temps, ni la capacité, ni le désir de faire des évaluations précises pour découvrir la vérité quand des informations falsifiées leur sont présentées. Les peuples des États-Unis n'avaient pas la possibilité de vérifier, par exemple: pourquoi, si le peuple d'Iraq haït Saddam Hussein, comment a-t-il réussi à battre l'Iran de Khomeini après huit ans de guerre d'agression que l'Iran a tenté de nous imposer sous le slogan d'exporter la révolution en commençant par l'Iraq? Peuple des États-Unis, la victoire sur Khomeini n'était pas due à la brièveté de la guerre. Elle n'est arrivée qu'après huit ans de guerre d'usure où nous avons perdu des dizaines de milliers d'hommes de notre côté et des centaines de milliers du côté iranien.

Et si Saddam Hussein avait été un dictateur, pourquoi a-t-il établi un parlement avec des élections pour la première fois en 1980, pendant la guerre, alors qu'il n'y avait pas de parlement en Iraq depuis 1958? Si lui et son gouvernement étaient des dictateurs, comment a-t-il pu visiter des écoles, des universités, des villes et des villages et passer la nuit avec le peuple où qu'il se trouvait? Comment pourrait-il voyager et se guider, sur le front de la bataille, la nuit et le jour, même dans les tranchées des lignes avancés parmi des soldats musulmans!?

Oui mesdames et messieurs, votre gouvernement vous a trompé, et vous, ou plutôt pour la plupart d'entre vous, n'avez pas eu l'opportunité d'enquêter par vous-mêmes ou par d'autres moyens pour découvrir la vérité parce que le lobby sioniste qui poussait à la guerre, ensemble avec quelques centres de pouvoir, vous trompaient, vous bernaient, cachaient à vos yeux la réalité, échangeant les faits pour de l'information falsifié et tendancieuse. La dernière raison et ce n'est pas la moindre, si Saddam Hussein avait été un dictateur haï et méprisé par son peuple, comment se fait-il que son peuple l'ait enduré et pourquoi aurait-il été choisi par référendum?

Peuple des États-Unis, les infortunes qui vous ont affligé – et cela comprend la chute de crédibilité – ainsi que celles qui ont affligé la nation arabe à l'intérieur de laquelle l'héroïque peuple iraquien, sont dues au comportement téméraire de votre gouvernement soumis à la pression sioniste et des centres de pouvoir, qui l'ont conduit à commettre ces crimes et ces actions scandaleuses à des fins spécifiques qui n'ont rien à voir avec vos intérêts. La responsabilité pour les massacres et le sang qui coule maintenant à torrents dans les rues et la campagne d'Iraq, incombe aux États-Unis avant tout autre. Vous savez, ou plutôt vous devez maintenant avoir compris, que ni les pantins que les forces étasuniennes ont amené dans leurs avions ou abord de leurs chars, ni l'Iran qui poussait et continue à pousser en avant ceux qui le soutiennent, n'auraient pu causer ce bain de sang, ni atteindre notre honneur, ni détruire la propriété de notre peuple et de notre état, si les États-Unis n'avaient pas entrepris et ordonné, cette agression. Ils continuent encore à donner des ordres dans la Zone Verte. Par conséquent les États-Unis porte le blâme de tous ces crimes et tous ces outrages. Ainsi, pourriez-vous mettre fin à ce qui arrive en utilisant comme méthode la vérité directe sans évasion ni digression? Ou inviteriez-vous la machine de la mort à continuer à dévorer la chair des Iraquiens et la chair des étasuniens sans rien faire pour arriver à une solution.

Il est de votre responsabilité historique, mesdames et messieurs, d'arriver à faire ce changement, car vous pourriez sauver les restes de la réputation et de la crédibilité des États-Unis et de ses intérêts légitimes. Si vous ne faites rien, vous resterez silencieux à propos de quelque chose de mal. «Ô notre Seigneur! Déverse sur nous l'endurance et fais nous mourir entièrement soumis.» [Le Coran 7:126]

Peuple des États-Unis, les guerres que votre gouvernement promeut dans le monde – une d'entre elles étant l'Iraq – sous l'influence de certains centres de pouvoir – que vous connaissez mieux que nous – ne sont pas dans l'intérêt du peuple des États-Unis. Vous savez mieux que beaucoup d'autres, comment vous avez payé de votre sang pour vous libérer du colonialisme britannique et après cela comment les États-Unis d'Amérique ont été unifiés et les rivières de sang versées pour que cela s'achève. Ainsi mesdames et messieurs, comment acceptez-vous cette interférence qui abaisse les États-Unis avant d'abaisser l'Iraq? Comment pouvez-vous accepter non seulement l'invasion mais aussi que votre gouvernement s'embourbe dans les affaires internes de l'Iraq? Vous savez que l'Iraq est une terre de prophètes, de messagers et de figures intègres. Vous savez que Bagdad est au regard du monde islamique, la quatrième ville la plus sainte de la patrie arabe après la Mecque, al Médina et Jérusalem. Comment pouvez-vous imaginer que l'Iraq pourrait se concilier avec le règne colonial, même s'il arrive cette fois-ci sous un autre nom et sous d'autres slogans? Sauvez votre pays, mesdames et messieurs et quittez l'Iraq.

Paix!

Dieu est le plus grand! Dieu est le plus grand!

Signé Saddam Hussein

Original: http://www.albasrah.net/ar_articles_2006/0706/sadam_o70706.htm

Traduction de l'anglais par Alexandre Moumbaris. Alterinfo.net.


Mondialisation.ca, Le 13 janvier 2007
 
 
 
JACQUES VERGES : « la condamnation à mort

de Saddam Hussein n'était pas légale "

 

Quel est à votre avis le sens du procès de Saddam Hussein ?

Jacques Vergès : Le procès de Saddam Hussein était du point de vue

américain nécessaire puisqu'à défaut de la possession d'armes de

destruction massive, ses « crimes » (essentiellement l'usage présumé

d'armes chimiques contre les kurdes et les « massacres » présumés

de Chiites au lendemain de la guerre du Golfe) devraient justifier à

posteriori l'agression contre l'Irak.

Mais il n'en a pas été question…

J.V : C'est normal puisque les deux procès réclamés par les Chiites

et les Kurdes ne mettaient pas seulement en cause le gouvernement

de Saddam Hussein mais aussi les américains et leurs alliés qui :

- en ce qui concerne les Kurdes, avaient fourni à l'Irak des armes chimiques

- en ce qui concerne les Chiites, avaient laissé faire alors qu'ils avaient la maîtrise

du ciel

Tout en accusant Saddam Hussein pour ces deux « crimes », il fallait

faire en sorte qu'il ne puisse s'exprimer. Pour cela, il fallait le tuer avant

leur conclusion.

D'où le procès pour l'affaire de Doujaïl qui s'est déroulé seulement entre Irakiens…

J.V : D'où le procès pour les exécutions de civils commises après

l'attentat contre Saddam Hussein en 1982 à Doujaïl.

Ce procès était un leurre puisqu'il permettait de condamner Saddam

Hussein à la mort et donc au silence avant les procès réclamés par les

Kurdes et les Chiite.

Mais personne n'a dénoncé cette manipulation…

J.V : C'est, je crois l'erreur de la défense. Car c'était l'argument principal

 à soulever : la manipulation consistant à tuer l'accusé principal pour

l'empêcher de parler et mettre en cause ses alliés d'alors devenus

ensuite ses ennemis.

La peine de mort est-elle légale ?

J.V : Là aussi c'est un argument dont je m'étonne qu'il n'ait pas été

soulevé par la défense. La peine de mort en effet existait en Irak mais

elle a été suspendue le 9 mai 2003 par les autorités d'occupation. Si

Saddam Hussein avait été jugé en 2003, il n'aurait pas pu être condamné

à mort. La peine de mort a été rétablie par les autorités irakiennes en août

2004. En vertu du principe de la non rétroactivité de la loi par la

Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, elle ne pouvait être

appliquée à des faits antérieurs à son rétablissement, ce qui est le cas.

Qu'auriez-vous fait pour la défense de Saddam Hussein si la discorde dans sa famille

ne vous avait pas incité à vous retirer ?

J.V : J'aurais dénoncé sur le plan international la manipulation dont je

parle et qui consistait à trouver, à travers l'affaire Doujaïl, un prétexte

pour le tuer avant d'examiner les actions qu'on lui reproche concernant

les Kurdes et les Chiites, actions dans lesquelles la complicité des

occidentaux était patente.

J'aurais aussi poursuivi sur la plainte que j'avais portée devant la Cour

pénale internationale contre M. Tony Blair pour complicité de crimes

contre l'Humanité commises en Irak par la coalition.

Pourquoi Tony Blair et non pas Bush ?

J.V : Parce que l'Angleterre a reconnu la compétence de cette cour et

non pas les USA. J'ai rêvé que les avocats américains et français de

Saddam suivent sur cette plainte. M. Blair aurait ravi la vedette à Bush

et Abou Ghraïb à Doujaïl.

(propos recueillis par Gilles Munier - 18/1/07)


 
 
 
  • 22 janvier 2007 — Au moins 100 morts dans des attentats sur
  • des marchés en Irak
  •  
  • Au moins 100 personnes ont été tuées lundi en Irak dans des attaques
  • visant des marchés à Bagdad et dans sa région, alors que les
  • Etats-Unis commençaient à déployer des renforts pour sécuriser la
  • capitale irakienne.
  • Un double attentat à la voiture piégée a fait 88 morts et plus de
  • 160 blessés près d'un marché aux puces dans le centre de Bagdad.
  • Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière de l'année, devant celle qui avait
  • fait 70 morts à l'entrée de l'université de Moustansiriyah (nord-est), il y a
  • six jours.
  • Vers 12H15 (09H15 GMT), deux fortes explosions ont retenti à quelques
  • secondes d'intervalle dans le quartier de Bab al-Charki, sur la rive est du
  • Tigre. Aussitôt, d'importantes colonnes de fumée blanche, puis noire,
  • se sont formées.
  • Deux voitures piégées venaient d'exploser à proximité du marché aux
  • puces de Haraj. Une douzaine de voitures ont immédiatement pris feu.


  • 18/01/2007
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