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courbet, le peintre du scandale

Gustave Courbet, le peintre du scandale

Du 13 octobre 2007 au 28 janvier 2008, une exposition au musée national du Grand Palais est consacrée à l’un des peintres les plus importants et les plus complexes du XIXe siècle, le chef de fil du réalisme: Gustave Courbet (1819-1877).

Trente ans après la grande rétrospective qui lui a été consacrée en 1977 à Paris, le Grand Palais revient sur le talent de cet artiste qui n’a eu de cesse de transgresser les codes traditionnels de la peinture et qui apparaît de nos jours comme le peintre du scandale.

Contemporain du positivisme et du matérialisme dont il partage le refus des traditions défaillantes et l’exigence d’objectivité ; lié par l’esprit et par le coeur au mouvement démocratique de son temps, il a contribué de manière décisive au réalisme pictural du milieu du XIXe siècle sans que son oeuvre n’en soit réduite à cet épisode capital. Il est passé dans la légende comme un personnage à contretemps, brutal et arrogant, dont les outrances entretinrent la chronique du scandale. Toutefois, sa correspondance révèle des traits plus subtils et sa peinture ne reflète nullement une nature aussi fruste.

Cette exposition perçue comme un événement majeur, présente au public 120 peintures, 60 photos et dessins sur un espace de 1 500 m². Elle s’articule autour de huit thèmes offrant un regard neuf sur l’art des années 1840-1860.

L’exposition s’ouvre sur les autoportraits de jeunesse de l’artiste exécutés entre 1840 et 1855, notamment Le Desespéré, qui illustre l’affiche de l’exposition et se poursuit avec ses paysages de Franche-Comté, terre natale du peintre. Le regard se pose ensuite sur les manifestes, qui s’articulent autour de L’Enterrement à Ornans et L’Atelier du peintre, toiles exceptionnellement prêtées par le musée d’Orsay au Grand Palais. Une autre série de paysages permet d’analyser les liens qu’il entretenait avec la photographie naissante. La suite de l’exposition met en évidence l’influence de Courbet sur l’art moderne. Une nouvelle salle, quand à elle, rassemble autour de L’ Origine du monde les nus féminins l’un des thèmes majeurs du peintre qui a exécuté ceux-ci dans les années 1840. Les scènes de chasses proposent ensuite une partie moins connue de son oeuvre, mais tout aussi intéressante. L’exposition s’achève sur la présentation des natures mortes peintes en prison et en exil à la fin de sa vie. La présence rare de trois tableaux consacrés aux Truites de la Loue est une métaphore de l’artiste et de son destin douloureux.

Cette manifestation qui couvre toute la carrière de l’artiste le resitue dans son époque en proposant au public une lecture nouvelle de son oeuvre. Cette rétrospective met en lumière les clés de la compréhension d’oeuvres complexes en perpétuelles mutations et l’importance des liens paradoxaux, entretenus par Courbet, avec la représentation du réel et la tradition picturale. Courbet apparaît aujourd’hui comme un passeur vers la modernité.

Courbet, musée national du Grand Palais du 23 octobre 2007 au 28 janvier 2008 (ouvert tous les jours sauf le mardi de 10 à 22 heures, le jeudi jusqu’à 20 heures). Prix d’entrée : 10 euros. Tarif réduit : 8 euros.



21/11/2007
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