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23 suicides à France Télécom en deux ans

23 suicides à France Télécom en deux ans

Entre 1995 et aujourd’hui, les effectifs sont passés de 140 000 à 80 000. Ces deux dernières années, ce sont 22 000 emplois qui ont été supprimés, dont 2957, rien que ces six derniers mois. Les dividendes versés aux actionnaires en 2008, se sont élevés à 4 milliards d’euros, représentent 65 000 emplois, et au premier trimestre de cette année, le « cash » était déjà de 4,1 milliards. Des chiffres astronomiques dont se gargarisent les managers de cette entreprise dont l’Etat, premier actionnaire, ne contrôle plus que 27%.

« Nous évoluons dans un environnement très concurrentiel » expliquent ces hauts dirigeants qui voudraient tant se débarrasser des ces milliers de fonctionnaires qui sont encore trop marqués dans leur tête par le service public. La première étape de la privatisation de France Telecom s’est traduite par l’arrêt des recrutements de fonctionnaires et l’embauche de travailleurs et de travailleuses, de préférence jeunes, sous contrat privé. Ils devaient « bousculer » les « anciens » pour faire de FT un leader mondial, un groupe aux dents longues fonctionnant comme les multinationales raflant les « marchés » - notamment les entreprises publiques de téléphonie d’Europe de l’Est, d’Afrique, d’Amérique latine, etc. que les gouvernements acquis au néolibéralisme privatisaient à tour de bras.

Les usagers n’étaient plus que des clients auxquels il fallait vendre des « produits à haute valeur ajoutée ». La « qualité de service » rendue aux usagers des milieux populaires a cédé la place aux services payants, impersonnels, gérés à partir de plateformes où règne le diktat de la productivité. Malgré la politique de division, des luttes se sont développées, unissant travailleurs sous statut public et travailleurs sous statut privé.

Pour pousser les fonctionnaires à partir, la direction a mis en place des méthodes de « management » dont l’objectif principal est de pousser les travailleurs à bout. Le tourbillon des restructurations s’est enclenché, instaurant un climat général de déstabilisation, de stress permanent, sur fond de brimades, de mépris pour les agents. Suppressions de postes et de services du jour au lendemain, propositions de « mutations » à des centaines de kilomètres du lieu de résidence, se succèdent pour pousser le maximum d’agents vers la sortie.

C’est ce que disent tous les textes laissés par ceux et celles qui ont fini par craquer.

Trop, c’est trop !

Des mouvements de protestation se sont développés spontanément. La colère n’a cessé de monter, d’autant que la Direction essayait de mettre cela sur le compte de la « fragilité » des victimes, poursuivant son plan de restructuration. Elle essaie de fuir ses responsabilités en renvoyant les agents vers des psychologues, des cellules d’écoute, etc.

Ce n’est pas de l’écoute que veulent les travailleurs de FT : ils exigent que cesse cette politique de restructuration permanente, que cesse le management par le stress, que cesse le harcèlement moral pour toujours plus de productivité.

Leur combat s’inscrit dans la défense des services publics, dans le refus des politiques de privatisation, de course à la productivité rythmée par les cours de bourse. Aujourd’hui, cette politique est responsable des suicides, dépressions et autres souffrances physiques et psychologiques à FT, à Edf et demain, ce sera La Poste promise à la privatisation.

Nous sommes solidaires de ce combat qui rejoint celui de l’ensemble de la classe ouvrière et des masses travailleuses qui refusent le diktat des monopoles, qui refusent d’être sacrifiés pour assurer le profit maximum.

Paris, 15 septembre 2009

Parti Communiste des Ouvriers de France

 



17/09/2009
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