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3 Questions à Gilles Munier

 

3 QUESTIONS A GILLES MUNIER

 

 

Gilles Munier est secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes depuis 1985. Il s'est rendu en Irak environ 150 fois depuis 1974 et a été reçu à 5 reprises par le Président Saddam Hussein. Il a soutenu l'Irak dans tous ses combats. Il a été mis en examen dans l'affaire « Pétrole contre nourriture » et a été interdit de sortie du territoire français, en raison de ses activités politiques, d'octobre 2004 à juin 2009.

 

Gilles Munier, qui collabore régulièrement au mensuel Afrique Asie, a publié un Guide le l'Irak en 2000, et Les espions de l'or noir (2009). Il a dirigé la traduction en français de Zabiba et le roi, conte écrit par Saddam Hussein, traduit ensuite en portugais. Depuis 2003, il soutient la résistance et diffuse AFI-Flash,  une lettre d'information sur la situation en Irak, dont le 95ème numéro, est sorti le 2 septembre 2009. (Amitiés franco-irakiennes - 7, rue de sarzeau, 35700 Rennes)

 

1 - En 2005 le juge Courroye vous a mis en accusation dans l'affaire "Pétrole contre nourriture". On vous a retiré le passeport et pour échapper à la prison vous avez du verser une caution de 50 000 euros. A la demande réitérée de votre avocat le passeport vient de être restitué et vous pouvez à nouveau voyager à l'étranger; comment expliquez-vous ce nouveau tournant dans l'affaire?
 

Ce n'est pas vraiment un tournant, sauf pour moi. Depuis 4 ans, il m'était interdit de sortir du territoire métropolitain français, alors que l'instruction de cette affaire est terminée depuis un an et demi. La « justice » craignait, soi-disant, que je me « concerte avec des complices et détruise des documents ». En vérité, le ministère des Affaires étrangères prolongeait l'interdiction de sortie de France – courante dans le cadre d'une enquête – pour m'empêcher d'avoir des activités politiques à l'étranger, notamment de soutenir la résistance irakienne.

En effet, la plupart des personnes impliquées dans l'affaire « Pétrole contre nourriture » ont récupéré leur passeport depuis longtemps. C'est le cas du patron de la société pétrolière Total qui, par exemple, s'est rendu en compagnie de Nicolas Sarkozy en Angola et en Syrie. Il est même allé en Irak pour rencontrer le Premier ministre Nouri al-Maliki. Alors pourquoi pas moi ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la juge Xavière Siméoni, chargée du dossier, a  levé l'interdiction qui m'était faite de voyager à l'étranger à la suite de la lettre que j'ai adressée au Procureur de la République de Paris pour lui exposer ma situation. J'avais joint le livre que je viens de publier – « Les espions de l'or noir » – qui fait le portrait d'agents subversifs occidentaux dans le Caucase et au Proche-Orient, de l'époque napoléonienne aux années dont 1948-1950. J'y raconte comment les Anglo-saxons, après avoir éliminer leurs concurrents impérialistes français et les allemands, se sont trouvé en position de force pour s'emparer des principaux gisements pétroliers mondiaux. La plupart des guerres du 20ème siècle, grandes ou petites, ont pour toile de fond le pétrole. Et, ce n'est pas fini. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont pris le relais de la Grande-Bretagne. Ce n'était pas pour instaurer la démocratie que Bush a envahi l'Irak et l'Afghanistan, ou que les Etats-Unis s'en prennent à l'Iran ou manipulent la Georgie, mais pour des raisons d'approvisionnement pétrolier.

Dans ma lettre au Procureur, je demandais la restitution de mon passeport pour pouvoir donner une suite à l'ouvrage. En cas de refus, je voulais qu'il  m'explique pourquoi il y avait « deux poids - deux mesures » dans le traitement des inculpés de l'affaire « Pétrole contre nourriture », qu'il me dise clairement pourquoi la justice refusait que j'aille à l'étranger, y compris dans l'espace Schengen.

Huit jours plus tard, le Parquet de Paris m'a prié de reformuler ma demande avec les formes juridiques adéquates, ce qu'a fait Jacques Vergès, mon avocat. La semaine suivante, ce dernier a été convoqué par la juge Siméoni. Il lui a expliqué ma situation. Mon passeport m'a finalement été rendu. Je les en remercie.

Je pense que ma lettre au Procureur est parvenue au bon moment. Avec l'arrivée d'Obama au pouvoir aux Etats-Unis et les démarches françaises pour relancer son commerce avec l'Irak, l'affaire « Pétrole contre nourriture » intéresse moins ceux qui l'on commanditée. Certes, elle sera jugée. Mais quand ? Pour moi, le plus tôt sera le mieux. J'espère toujours profiter du procès pour rappeler que plus d'un million et demi d'enfants irakiens sont morts, victimes des appétits impérialistes et pétroliers de George Bush et des néo conservateurs.

 

2 - L'accord de sécurité signé le 30 juin dernier entre l'administration Obama et le gouvernement al-Maliki, qui prévoit le retrait des forces d'occupation américaines des villes, va-t-il changer quelque chose sur le terrain?
 
En langage militaire, le retrait des forces américaines des villes n'est rien d'autre qu'un redéploiement. Si les Américains quittent les villes, c'est surtout parce la résistance les y a contraint : ils perdaient trop d'hommes. L'accord de sécurité leur permet d'y retourner sous couvert de lutte contre Al-Qaïda, nom qu'ils donnent aux organisations de résistance, sans distinction.

Cette reculade ne change rien à la volonté des Irakiens de libérer leur pays. La réduction des forces d'occupation, à l'horizon 2011, ne signifie pas pour eux la fin des combats car 50 000 conseillers demeureront en Irak pour une durée indéterminée. De nouvelles bases sont en construction pour les accueillir. Du moins si tout se passe comme le prévoit le Pentagone, car sur le terrain, la lutte s'intensifie. La situation est telle que le colonel Reese, conseiller du « Commandement des opérations de Bagdad », dans un rapport publié par le New York Times du 31juillet, craint un départ « non planifié » qui mettrait en danger  les intérêts des Etats-Unis. Le bilan qu'il dresse de l'occupation de l'Irak est des plus négatifs : inefficacité et corruption dans les ministères et dans l'armée, incapacité à améliorer les infrastructures, potentiel de violence anti-américaine élevé… Le porte parole du ministère de l'Intérieur a reconnu que 128 000 agents de sécurité étaient nécessaires uniquement pour protéger la nomenklatura, presque autant que le nombre des GI's !

Dans la résistance, Izzat Ibrahim al-Douri, qui dirige le parti Baas clandestin, a demandé à ses partisans de concentrer leurs attaques sur les troupes américaines et de ne s'en prendre à leurs collaborateurs locaux qu'en cas de légitime défense. Début août, il a lancé un appel aux divers regroupements de patriotes pour constituer un « Conseil suprême de la résistance », ne serait ce que pour présenter un front commun lorsqu'il sera question de négociations avec l'ennemi. C'est devenu urgent car la résistance est divisée en entités combattantes plus ou moins concurrentes. Les Américains en profitent pour contacter certaines organisations. Dernièrement, ils ont rencontré à Amman des dirigeants du « Conseil politique de la résistance irakienne » qui comprend l'Armée de l'islam, le Front islamique de la résistance irakienne, le Hamas d'Irak et  Ansar al-Sunna. L'unification de la résistance est devenue nécessité absolue.

 
3 - En France, le mouvement anti-guerre et de solidarité avec la résistance du peuple irakien contre l'occupation, bien que trouvant un écho favorable dans l'opinion, ne décolle toujours pas. A votre avis, quels sont les freins?
 
Le peu d'écho rencontré en France par la lutte du peuple irakien tient d'abord au fait que l'opinion publique estime que notre pays n'est pas impliqué dans cette guerre.

 

Autre motif du désintérêt : les organisations opposées à la dernière guerre du Golfe – majoritairement d'extrême gauche – ont été  incapables d'unir leurs efforts pour mobiliser l'opinion. Leur problème, c'est que la résistance est majoritairement baasiste et islamo-nationaliste. Elles sont encore sous le coup de la diabolisation de Saddam Hussein. Et puis, elles craignent d'être accusée de soutenir « Al-Qaïda en Mésopotamie ».

Responsables aussi : les médias français. A la différence des journalistes anglo-saxons, les Français ne rendent pas bien compte de la situation sur place.

 

(propos recueillis par Manuel Vaz)

27 Juillet 2009

 

 

 

 

 

 

Iraque

“As tropas dos EUA retiram porque a resistência a isso as obriga”

Três perguntas a Gilles Munier

Manuel Vaz - Sábado, 12 Setembro, 2009

gilles-munier-1.jpgA Associação de Amizade Franco-Iraquiana (AFI) foi fundada em 1985 por um grupo de personalidades defensoras da política árabe do governo francês. O seu secretário-geral desde 1986, Gilles Munier, é um profundo conhecedor desta região do mundo na qual efectuou mais de 150 viagens entre 1974 e 1983, tendo encontrado por várias vezes os principais dirigentes do partido Baas, então no poder. A agressão norte-americana de Abril de 2003 veio alterar profundamente as relações franco-iraquianas e, por tabela, o funcionamento da associação.
Antes de 2003, Gilles Munier participa activamente no programa “Petróleo por alimentos”, único meio concedido às autoridades iraquianas para atenuar os efeitos do embargo económico ao Iraque imposto pelos EUA e sancionado pela ONU. Em 2005, Munier é acusado, conjuntamente com outras personalidades, de ter furado o embargo. As autoridades judiciais decidem-se a instruir um processo (que continua sem data de julgamento marcado), retiram-lhe o passaporte e proíbem-lhe a saída do território nacional.

Isso não impediu o secretário-geral da AFI de continuar a militar incansavelmente pelo reconhecimento da resistência iraquiana como o único representante legítimo do povo iraquiano, inclusive junto ao governo francês.

Gilles Munier publicou em 2000 O guia do Iraque (Ed. Jean Picollec) que teve edições nos Estados Unidos (Interlink Publishing) e no Reino Unido (Arris Book) sob o título Iraq, an illustrated history. E acaba de editar Les espions de l’or noir (Os espiões do ouro negro). Como tradutor, fez conhecer em França Zabiba et le Roi, um conto escrito por Saddam Hussein que se encontra igualmente traduzido em português (Ed. Europa-América). O seu trabalho de publicista centra-se na colaboração regular que fornece à revista mensal Afrique Asie e ao boletim AFI-Flash que difunde notícias sobre a resistência iraquiana desde 2003. AFI-Flash vai na sua 94.ª edição (http://gmunier.blogspot.com).

1. Em 2005 o juiz Courroye acusou-o no processo “Petróleo por alimentos”. Retiraram-lhe o passaporte e, para não ser preso, teve de pagar uma caução de 50 mil euros. Graças à insistência do seu advogado, o passaporte acaba de ser restituído e pode assim viajar de novo para o estrangeiro. Como explica esta viragem no caso?

Não é verdadeiramente uma viragem, excepto para mim. Há quatro anos que me era interdito sair do território francês metropolitano, quando a instrução do processo estava terminada há ano e meio. A “justiça” temia, supostamente, que eu me “concertasse com cúmplices e destruísse documentos”. Na verdade, o ministério dos Negócios Estrangeiros prolongava a interdição de saída de França – corrente no quadro de uma investigação – para me impedir de ter actividades políticas no estrangeiro, nomeadamente apoiar a resistência iraquiana.

De facto, a maioria das pessoas implicadas no caso “Petróleo por alimentos” recuperaram os passaportes há muito tempo. É o caso do patrão da sociedade petrolífera
Total que, por exemplo, se deslocou a Angola e à Síria na companhia de Nicolas Sarkozy. Foi mesmo ao Iraque para se encontrar com o primeiro-ministro Nouri al-Maliki. E porque não eu?


Por espantoso que possa parecer, a juíza Xavière Siméoni, encarregada do dossiê, levantou a minha proibição de viajar para o estrangeiro na sequência da carta que dirigi ao Procurador da República de Paris expondo-lhe a situação. Juntei o livro que acabo de publicar – Os espiões do ouro negro – que retrata agentes subversivos ocidentais no Cáucaso e no Próximo Oriente, desde a época napoleónica aos anos 1948-1950. Aí conto como os anglo-saxões, depois de terem eliminado os seus concorrentes imperialistas franceses e alemães, se encontraram numa posição de força para se apoderarem das principais jazidas petrolíferas mundiais. A maior parte das guerras do século XX, grandes ou pequenas, têm por pano de fundo o petróleo. E isso ainda não acabou. Hoje, os EUA tomaram o lugar da Grã-Bretanha. Não foi para instaurar a democracia que Bush invadiu o Iraque e o Afeganistão, ou que os EUA se atiram ao Irão ou manipulam a Geórgia, mas sim por razões de abastecimento petrolífero.

Na minha carta ao Procurador, pedia a restituição do passaporte para poder dar sequência à minha actividade. Em caso de recusa, queria que ele me explicasse por que havia “dois pesos e duas medidas” no tratamento dos inculpados do caso “Petróleo por alimentos”, que ele me dissesse claramente porque é que a justiça impedia que eu fosse ao estrangeiro, incluindo o espaço Schengen.

Oito dias mais tarde, o tribunal de Paris pediu-me para reformular o requerimento com as formas jurídicas adequadas, o que foi feito por Jacques Vergès, o meu advogado. Na semana seguinte, ele foi convocado pela juíza Siméoni. Ele explicou-lhe a minha situação. O meu passaporte foi-me finalmente devolvido, e eu agradeço-lhes.

Penso que a minha carta ao Procurador foi em boa altura. Com a chegada de Obama ao poder nos EUA e os esforços franceses para relançar o comércio com o Iraque, o caso “Petróleo por alimentos” interessa menos àqueles que o encomendaram. Claro, irá a julgamento. Mas quando? Para mim, quanto mais cedo melhor. Espero aproveitar o processo para lembrar que mais de milhão e meio de crianças iraquianas morreram, vítimas dos apetites imperialistas e petrolíferos de George Bush e dos neoconservadores.

2. O acordo de segurança assinado em 30 de Junho passado entre a administração Obama e o governo de al-Maliki, que prevê a retirada das tropas de ocupação norte-americanas das cidades, vai mudar alguma coisa no terreno?

Em linguagem militar, a retirada das forças norte-americanas das cidades não passa de um redesdobramento de tropas. Se os norte-americanos deixam as cidades, é sobretudo porque a resistência a isso os obriga: eles perdem muitos homens. Mas o acordo de segurança permite-lhes regressar a coberto da luta contra a Al-Caida, nome que eles dão às organizações de resistência, sem distinção.

Este recuo não altera nada na vontade dos iraquianos de libertarem o país. A redução das forças de ocupação, no horizonte de 2011, não significa para eles o fim dos combates, porque 50 mil conselheiros permanecerão no Iraque por tempo indeterminado. Novas bases estão em construção para os acolher. Pelo menos se tudo se passar como prevê o Pentágono, porque no terreno a luta intensifica-se.

A situação é tal que o coronel Reese, conselheiro do “Comando operacional de Bagdad”, num relatório publicado pelo New York Times de 31 de Julho, receia uma retirada “não planificada” que poria em perigo os interesses dos EUA. O balanço que ele faz da ocupação do Iraque é dos mais negativos: ineficácia e corrupção nos ministérios e nas forças armadas, incapacidade de melhorar as infraestruturas, potencial de violência anti-americana elevado… O porta-voz do ministério do Interior reconheceu que são necessários 128 mil agentes de segurança só para proteger a nomenklatura, quase tanto como o número de GI!

Na resistência, Izzat Ibrahim al-Douri, que dirige o partido Baas clandestino, pediu aos seus guerrilheiros para concentrarem os ataques sobre as tropas norte-americanas e de só atacarem os seus colaboradores locais em caso de legítima defesa. Em princípio de Agosto, lançou um apelo aos diversos agrupamentos patrióticos para constituírem um “Conselho supremo da resistência”, mesmo que fosse apenas para apresentar uma frente comum quando tiver de se negociar com o inimigo. Isto tornou-se urgente porque a resistência está dividida em entidades combatentes mais ou menos concorrentes. Os norte-americanos aproveitam isso para contactar com algumas as organizações. Ultimamente, tiveram um encontro em Amã com dirigentes do “Conselho político da resistência iraquiana”, que compreende o Exército do Islão, a Frente Islâmica da Resistência Iraquiana, o Hamas do Iraque e o Ansar al-Sunna. A unificação da resistência tornou-se uma necessidade absoluta.

3. Em França, o movimento anti-guerra e de solidariedade com a resistência do povo iraquiano, mesmo com um eco favorável na opinião pública, não se alarga. Na sua ideia, quais são os impedimentos?

O pouco eco tido em França pela luta do povo iraquiano tem quer ver, primeiro, com o facto de a opinião pública achar que o nosso país não está implicado na guerra.
Outro motivo do desinteresse: as organizações que se opuseram à última guerra do Golfo – na maioria de extrema-esquerda – foram incapazes de unir esforços para mobilizar a opinião pública. O problema delas é que a resistência é maioritariamente baasista e islamo-nacionalita, e elas estão ainda influenciadas pela diabolização de Saddam Hussein. E depois, temem ser acusadas de apoiar a “Al-Caida na Mesopotâmia”.
Também responsáveis: os médias franceses. Contrariamente aos jornalistas anglo-saxões, os franceses não dão, em geral, boa conta da situação que se vive no terreno.

(testemunho recolhido em 27 Julho 2009)
 
source:

http://www.jornalmudardevida.net/?p=1726



27/07/2009
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