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3 questions à Nadine Rosa-Rosso

3 Questions à Nadine Rosa-Rosso

 

Actualmente, Nadine Rosa-Rosso é uma militante comunista independente, professora de francês na área do ensino para adultos. Mas durante 8 anos, de 1995 a 2003, Nadine Rosa-Rosso dirigiu, na qualidade de secretária-geral, o PTB — Partido do Trabalho da Bélgica. As origens deste partido remontam aos anos 60, aquando da grande cisão no seio do movimento comunista internacional, entre a maioria revisionista e a minoria marxista-leninista. Sob a sua designação actual  o partido foi fundado em 1979 como resultante da fusão de dois grupos, o AMADA (Todo o poder aos operários) e a UC(ml)B (União Comunista - marxista-leninista - da Bélgica).
 
Nas eleições federais belgas de 2003, o PTB destaca-se pela aliança eleitoral com a Liga Árabe Europeia (AEL) liderada por Diyad Abhu Jahja. PTB e AEL apresentam na região de Flandres uma lista comum denominada, Resist — uma frente revolucionaria baseada na luta contra a guerra, pelo socialismo, solidaria dos movimentos de resistência contra o imperialismo e que, sobretudo, visa uma dimensão europeia. A fraqueza dos resultados eleitorais obtidos vão provocar no interior do partido um debate tumultuoso. E, contra o ponto de vista de Nadine Rosa-Rosso, o PTB vai abandonar não só a recente frente criada, Resist, mas igualmente toda a politica de alianças baseadas nos mesmos princípios e objectivos. Nadine Rosa-Rosso e um punhado de outros militantes são excluídos da organização.
 
Em Janeiro de 2009, Nadine Rosa-Rosso participou em Beyrouth no Fórum internacional pela resistência, o anti-imperialismo, a solidariedade dos povos e as alternativas. A sua intervenção incidiu sobre o tema, "a esquerda e o apoio à resistência". No mês seguinte, começou a trabalhar na proposta concreta que lançou em Beyrouth : uma campanha europeia para retirar a organização palestiniana Hams da lista das "organizações terroristas", elaborada pelos Estados Unidos e a Europa.
"É a mínima das coisas que podemos fazer se pretendemos apoiar a resistência palestiniana, libanesa e árabe. É a condição democrática mínima para que um apoio à resistência seja possível e que um confronto das diferentes correntes politicas tenha lugar no seio da resistência ao imperialismo. É a condição politica indispensável para que a esquerda tenha a mínima possibilidade de se fazer ouvir no seio das massas em luta contra o imperialismo", defendeu Nadine Rosa-Rosso em Beyrouth. Assinaram já este apelo, o italiano Giulieto Chiesa, do grupo socialista no parlamento europeu, o francês Henri Alleg e o português José Saramago, dos PC respectivos.
Se muitas vozes denunciaram os massacres da população civil ocorridos durante a ultima agressão sionista em Gaza em dezembro 2008, Nadine Rosa-Rossa chama atenção para o facto que são poucas as vozes que se levantaram "para denunciar o objectivo central da operação, isto é, a liquidação do Hamas e a sua implantação no seio da população palestiniana. Uma das causas que pode explicar a ausência de solidariedade prende-se com o facto desta organização figurar na lista europeia (e americana) das organizações terroristas. Na apresentação do seu relatório ao Conselho da Europa de Novembro 2007, o relator europeu Dick Marty, concluía : "figurar nesta lista equivale a uma condenação à morte"",(entrevistada por Nicolas Lalande em Março de 2009,
http://elkalam.com).
As 3 perguntas que colocamos a Nadine Rosa-Rosso abordam a questão do Islão e da resistência e as suas incidências politicas na sociedade civil europeia a partir do "caso Gérin", assunto que analisamos mais aprofundamente noutro lugar.
 
 

1-     1 - A la demande du député PCF, André Gérin, une commission d'information parlementaire vient d'être installée le 1er juillet dernier, pour enquêter et probablement interdire le port de la burqa. Es-tu surprise para les déclarations de cet élu, qui considère le port de la burqa comme "une gène, un rejet, un trouble à l'ordre public". D'après Gérin, le port de la burqa constituerait un signe avant-coureur des grandes menaces qui pèsent sur la France et le monde blanc, et il en appelle à l'union sacrée, au "combat commun droite/gauche".

Surprise ? Oui et non. Oui, parce que, selon les Renseignements Généraux français, seules 367 femmes, en France, l'ont adoptée. On pourrait imaginer que les communistes français ont d'autres chats à fouetter sous l'ère Sarkozy. Non, parce que ce type d'initiative est assez caractéristique de la façon dont une partie des communistes, et de la gauche en général, tentent de remodeler leur profil, en s'alignant sur les thèmes classiques de l'extrême droite et de la droite. La première fois que la question du voile est devenue une affaire politique en France, c'était sur initiative du magazine d'extrême droite « Minute ». Il présentait une Marianne voilée en couverture. Puis il y a eu le relais par le maire RPR (de droite donc) en 1989 à Creil. Et la vague médiatique a emporté pratiquement toute la classe politique, gauche comprise, lors du vote de la loi de 2004 interdisant les signes religieux ostentatoires. Le thème de la « Marianne voilée », une création de l'extrême droite, est devenu un thème « populaire », Marianne représentant la nation et le voile représentant la menace islamique. Ce qui est surprenant, c'est comment la gauche s'acharne à nier la filiation politique de l'affaire du voile. Les déclarations de Gérin, y compris l'appel à l'union sacrée, auraient pu figurer sur cette même couverture de Minute. Mais quand vous dites ça, la gauche est scandalisée. Ce sont des faits et on ferait peut-être bien de les prendre au sérieux. En un quart de siècle, le recul de la gauche sur tous les thèmes qui ont été lancés par l'extrême droite (immigration, islam, sécurité versus délinquance, etc.) est spectaculaire. C'est à la fois la conséquence de l'électoralisme du Parti Communiste (sa volonté de reprendre les voix ouvrières perdus au Front National, notamment) et de son incapacité totale à s'adapter aux mutations profondes survenues dans la classe ouvrière pendant la même période. Les cités où habitaient l'électorat populaire classique et qui formaient ses bastions politiques ont été petit à petit désertées par ces couches populaires et investies par les nouvelles couches ouvrières, surtout issues de l'immigration. Les militants comme les élus du Parti Communiste ne sont pas arrivés à considérer ces nouveaux arrivants comme des membres à part entière de la classe ouvrière française. Et l'évolution actuelle du PC ne peut qu'approfondir ce fossé.

 

2- En mai 2003, lors des élections législatives, le PTB (Parti du Travail de la Belgique) a conclu pour la première fois une alliance électorale avec un groupe musulman progressiste (AEL) implanté parmi la jeunesse belge issue de l'immigration. C'était la liste Resist à Anvers et également au Sénat. Et ce fut un flop électoral. Quels enseignements retiens-tu de cette bataille que tu as dirigé en tant que secrétaire générale du PTB et qui s'est terminé aussi par ton éviction du parti?

Quelques corrections d'abord. L'AEL (Ligue arabe européenne) n'est pas un organisation musulmane, comme son nom l'indique, mais bien une organisation de jeunes issus de l'immigration maghrébine, avec une plate-forme antiraciste radicale et défendant le nationalisme arabe. Deuxièmement, le résultat électoral ne fut pas nettement inférieur à celui qu'avait habituellement le PTB à Anvers, mais on peut dire qu'une partie de l'électorat belge «  de souche » a décroché et a été remplacé par un électorat jeune, issu de l'immigration. Troisièmement, mon éviction du PTB comportait d'autres aspects que le bilan de la liste Resist, mais c'est effectivement sur cette question que la nouvelle direction du parti focalise l'attention.

Ceci dit quelles leçons je tire de cette bataille dans le PTB ? Je l'ai clairement perdue et, à voir l'évolution du PTB après notre expulsion (je ne suis pas la seule à avoir été exclue), la grande majorité des cadres et membres de ce parti ont choisi pour une stratégie bien plus proche de celle du PCF que de la mienne. Si c'est ça la réalité, je n'ai effectivement plus ma place dans ce parti. En tant que secrétaire générale, j'avais proposé au parti en 2002 (directement après les attentats du 11 septembre et le déclenchement de guerre contre l'Afghanistan) de s'engager pour minimum cinq ans dans la construction d'un front révolutionnaire, au niveau européen, contre la guerre et pour le socialisme. Je proposais de combattre en parallèle la guerre menée contre les peuples et nations du tiers-monde par l'administration américaine et ses alliés européens et la guerre économique et sociale menée contre les travailleurs de l'Union européenne. J'émettais également l'hypothèse que cette partie des travailleurs issue de l'immigration pouvait jouer un rôle décisif dans la constitution de ce front. D'abord parce qu'objectivement ils sont encore plus touchés que les autres par la crise économique et sociale, l'américanisation de la société via les directives européennes mais aussi parce que, subjectivement, ils ont conservé des liens avec leurs pays d'origine, et sont donc plus sensibles à la question de la justice et de la paix au niveau mondial ; d'autre part, le vécu quotidien de la discrimination les rend sensibles aux questions de démocratie en général.

J'ai proposé cette orientation lors d'un congrès en 2002 et tous les congressistes semblaient enthousiastes pour cette perspective. L'épisode « Resist » a apparemment liquidé cet enthousiasme et préparé les esprits à une orientation totalement opposée. C'est très regrettable pour le parti qui liquide ainsi allègrement une trentaine d'années d'engagement révolutionnaire. Mais ça n'empêche nullement celles et ceux qui veulent continuer à réfléchir et à agir selon cette orientation de le faire. C'est ce que j'essaie de faire depuis cinq ans et je ne peux que constater que cette orientation correspond à un besoin réel dans les couches populaires de Bruxelles, où je vis et milite.

Aux élections régionales de juin 2009, nous avons constitué une liste « Egalité », qui correspond selon moi à ce front des communistes et des militants de l'immigration, parmi lesquels de nombreux musulmans. Elle a recueilli du premier coup un pour-cent des voix et s'est placée en tête de toutes les petites listes de gauche et avant la liste musulmane de Bruxelles. Il n'est donc pas nécessaire de se renier pour avoir des résultats électoraux.

 

3- Lors de ton intervention remarquée et remarquable du 17 janvier dernier, au Forum internationale de Beyrouth pour la résistance, l'anti-impérialisme, la solidarité des peuples et les alternatives, t'as terminé ton discours, en disant, "je suis parfaitement consciente que mes convictions politiques sont minoritaires dans la gauche et en particulier parmi les communistes européens. Cela me préoccupe énormément (...) pour l'avenir de l'idéal communiste". Crains-tu vraiment que l'alternative communiste à la société capitaliste soit arrivée à un impasse, un impasse irréversible ?

L'alternative communiste reste d'actualité et on pourrait même dire qu'elle l'est beaucoup plus que lorsque j'ai commencé à militer, au début des années septante. La crise économique et financière du capitalisme, l'impasse guerrière en Afghanistan, en Irak, en Palestine, pour ne citer que cela, montrent clairement que ce système est à bout, du moins si on raisonne en termes de justice sociale, de démocratie politique et de paix.

Ce que j'ai voulu critique à Beyrouth, ce n'est pas l'alternative communiste mais le refus de la plupart des communistes de comprendre que le monde a profondément changé et qu'ils doivent adapter leurs conceptions et leurs manières d'agir à ces changements. Et quand je parle d'adaptation, je ne parle pas de reprendre les slogans de l'extrême droite et de la droite, mais de les combattre par une vision à long terme de notre société en pleine mutation. Pour ne prendre que l'exemple des changements fondamentaux survenus dans le monde du travail, on peut partir du constat que la classe ouvrière « classique », c'est-à-dire concentrée dans de grands complexes industriels et puissamment organisée dans les organisations syndicales et/ou politiques, s'est réduite comme peau de chagrin  et en tirer la conclusion qu'il faut s'adresser à d'autres couches sociales, comme les cadres, les professions libérales, en bref les classes moyennes. On peut aussi en tirer la conclusion qu'il faut continuer à organiser les couches les plus populaires de la classe ouvrière les plus exploitées et les plus opprimées, mais alors dans la plupart des grandes villes occidentales, on est naturellement amené à travailler parmi les masses populaires issues de l'immigration. C'est un choix politique. L'exemple de Gérin dont nous parlions ci-dessous est typique à cet égard. Un autre exemple est le soutien à la résistance au colonialisme et aux guerres impérialistes. Dans les années soixante-septante, c'était « facile » pour les communistes occidentaux de les soutenir (quoi qu'il y ait encore pas mal à redire à ce sujet, si on prend le PC belge et le Congo ou le PC français et l'Algérie), parce que les mouvements de libération nationale, comme au Vietnam ou en Amérique latine, étaient dirigés par des communistes ou des partis de gauche. Depuis 1989, les choses ont bien changé dans le monde, et si on veut continuer à soutenir les mouvements de libération nationale, on ne tombe plus sur les communistes aux postes de commande, mais bien sur des partis ou mouvements d'inspiration musulmane. Là aussi, on peut faire le choix politique de hurler contre le Hamas et le Hezbollah et de soutenir leur placement sur la liste européennes des organisations terroristes, ce que font la plupart des partis communistes occidentaux dans les faits. On peut faire l'autre choix, de soutenir cette résistance et de l'inclure dans le front commun des résistances que nous devons construire. C'est ce que fait Chavez en Amérique latine.

Ce n'est donc pas l'alternative communiste en soi qui est dans une impasse mais bien une stratégie politique choisir par la plus grande partie du mouvement communiste traditionnel et de la gauche plus largement.

Ceci dit, depuis que j'ai fait cette intervention à Beyrouth, je me sens moins minoritaire car cette intervention a été largement diffusée, elle a été traduite dans une dizaine de langues par des gens que je ne connaissais absolument pas et j'ai reçu des centaines de réactions enthousiastes, y compris de communistes un peu partout dans le monde.


Publié par Mudar de Vida :

http://www.jornalmudardevida.net/?p=1787



21/10/2009
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