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amira hass — l'administration civile a confisqué ...

L'administration civile a confisqué le tracteur servant au transport de l'eau à
des Palestiniens de la vallée du Jourdain




Moyen de pression en vue de leur évacuation.
Il s'agit d'un matériel appartenant à des bergers résidant dans la région de
Hadidiya, dans le nord de la vallée du Jourdain, décrétée « zone militaire
fermée » ; l'Administration est prête à restituer le tracteur à ses
propriétaires à condition qu'ils évacuent la région et assument les frais de
transport.

L'administration civile a confisqué, la semaine passée, un tracteur et une
citerne à eau appartenant à des bergers palestiniens résidant dans la région de
Hadidiya, dans le nord de la Vallée du Jourdain. Et cela, comme moyen de
pression destiné à les contraindre à évacuer les lieux qui, aux dires de
l'Administration, sont définis comme « zone militaire fermée ». L'Administration
est prête à restituer le tracteur à ses propriétaires à condition qu'ils
évacuent la région et assument les frais de transport.

Il s'agit de l'unique moyen d'amener l'eau nécessaire à une soixantaine de
Palestiniens. Depuis lors, ils dépendent de l'eau qu'ils achètent, trois fois
son prix, à des propriétaires de tracteurs et de citernes d'eau des environs.
L'Administration civile fait savoir que le tracteur avait été saisi au cours
d'une patrouille de routine opérée par son unité de surveillance, parce qu'il
était utilisé « pour perpétrer une infraction : la présence su un terrain
déclaré zone militaire fermée ». Selon Ahmed Bani Oudeh, le conducteur du
tracteur, celui-ci a été saisi près du barrage de Bekaot, alors qu'il était en
route pour faire le plein d'eau.

Les familles de bergers se sont installées dans la région il y a des dizaines
d'années, sur des terres appartenant aux villages dont elles étaient originaires
- Tamoun et Toubas. Après 1967, Israël a déclaré comme territoires militaires
fermés de vastes espaces dans le nord de la vallée, interdisant par là aux
Palestiniens de continuer à y vivre, à y mener paître ou à y travailler leurs
terres. Depuis lors, ils ont été évacués à quatre reprises de ces territoires,
même quand il s'agissait de propriétés privées.

Fin 2006, la Cour suprême a repoussé la demande des familles de modifier
l'affectation de la terre sur laquelle ils étaient installés - de terre agricole
à terre habitable - et cela en dépit du fait qu'à un kilomètre de là se trouvent
les maisons de la colonie de Ro'i. La Cour suprême leur a ordonné de quitter les
lieux - qui se trouvent en « territoire C » (sous responsabilité israélienne) -
pour un autre terrain recommandé par l'Administration civile et qui se trouve en
« territoire B », sous responsabilité administrative israélienne. Les habitants
ont refusé pour la raison qu'à cet endroit, il n'y a pas de terres convenant à
l'agriculture et au pâturage.

En avril, l'Administration a détruit leurs tentes et ils se sont installés sur
un autre terrain, au sud de Hadidiya. En mai, les habitants se sont vus notifier
l'obligation de quitter immédiatement l'endroit qu'ils occupaient parce qu'ils y
séjournent illégalement.

Amira Hass

Haaretz, 5 août 2007



09/08/2007
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