albatroz - images, songes & poésies

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hâshim hamdane — lui… et eux….

Lui… et eux….


 
Il a déclaré… il n'a pas déclaré… il a démissionné… Il n'a pas démissionné… Il
reviendra… Il ne reviendra pas… Il est arrivé à Amman…

Il a quitté Amman… Il tiendra une conférence… Il ne le fera pas.. Il est parti
en Europe.. non, il n'est pas parti.. Une longue série d'actes et de déni
d'actes se répètent et que les trompettes de la provocation se renvoient les uns
les autres. Entre l'acte et son déni, une nouvelle quantité de provocation est
servie. Et rapidement s'ajoutent à ces trompettes une poignée de vils nains, aux
visages de rats, dont les regards apeurés et inquiets rappellent la gamme des
rongeurs.

Ils attendent car il a piétiné leurs articulations douloureuses… Non seulement
avec ce qui est communément admis, comme l'Etat des citoyens, les symboles juifs
ou les défis quotidiens au sionisme, le plaçant en situation d'affrontement avec
la démocratie, même par leurs outils et les règles de leur jeu.

A mon avis, il faut indiquer trois points, parmi d'autres, nombreux, qui ont dû
rehausser le niveau de la haine des cercles des ténèbres.


Le premier est de type « sécuritaire », qui se manifeste par l'attaque contre
dr. Azmi Bishara et le « Pacte des Ma'roufiyin libres », dirigé par l'avocat
Saïd Nafa', avec l'élargissement du phénomène du refus du service obligatoire
imposé aux jeunes Arabes druzes, à tel point que le comité des relations
extérieures et de la sécurité de la Knesset fut obligé de mettre ce phénomène à
l'ordre du jour au milieu de l'année 2004, enveloppé par un lourd silence
médiatique. Suite à cela, une large campagne de dénigrement fut lancé, allant
jusqu'à réclamer l'expulsion de celui qui est responsable du développement de ce
phénomène.

Le second point concerne la confirmation de l'attachement au droit au retour,
grâce aux visites de maintien de la liaison, où des milliers de familles se sont
retrouvées face à face avec leurs enfants, après des décennies de séparation,
depuis la Nakba. Les visites du maintien de la liaison ont creusé de larges
sillons dans les consciences des victimes des deux côtés de l'exil, entre ceux
qui sont restés et les réfugiés. La ville de Damas fut inondée de larmes par
ceux qui vivent ces récits. Chaque réfugié est un long récit, unique, et une
grande question, unique, mais aussi un récit collectif et une question
collective. Et chaque personne restée est un récit et une question, individuelle
et collective. Là se confirme une nouvelle fois l'importance de s'attacher au
droit au retour, par ceux qui sont restés, notamment. Car ce n'est pas seulement
une question de rester attaché aux droits de notre peuple, parce que c'est son
droit, et non pas parce que nous sommes la seconde moitié des victimes réfugiés,
mais pour se défendre soi-même. Le fait d'abandonner le droit au retour, après
avoir abandonné plus de 70% de la terre historique de la Palestine est le début
de l'expulsion de ceux qui sont restés, dans le cadre planifié de « l'Etat Juif».

Le troisième point concerne la loi récente qui les a atteint de paralysie
infantile. Par cette loi, ils ont été défaits une fois encore, rien que parce
qu'il en est sorti avec une image humaine, alors qu'ils voulaient qu'elle soit «extrémiste». Ils se sont opposés à la loi, mais ont été atteints par la
paralysie infantile et n'ont pas osé le dire tout haut. Nous sommes alors
extrêmement optimistes, car nous pensons qu'il a réussi à percer leurs rangs par
une opération humanitaire. Ils n'ont pas voulu attendre d'autres percées et
d'autres démolitions des règles de leur jeu.

Il a magnifiquement joué leur jeu, et il savait qu'ils étaient prêts à casser
les règles de ce jeu… Mais il ne leur a pas donné l'occasion. Sa bataille a
dépassé le cadre géographique, il a dépassé l'encerclement et les barrages du
lieu, il a dépassé le barrage et l'ombre du barrage, en restant attaché aux
frontières de l'histoire. Par sa nature, il ne peut se barricader et rester
tranquille dans la citadelle des évidences, il ne peut aller vers sa dernière
citadelle. A chaque fois, il détruit les murs pour aller vers de nouveaux
horizons…

Hâshim Hamdane
13 avril 2007




Dans cet article, Hâshim Hamdane reprend les activités du député Azmi Bishara
(deux points sur les trois) : il avait réclamé la possibilité de visites
familiales pour les familles séparées dont des membres se trouvent dans les
camps de réfugiés à Damas et il a fait récemment voter une loi au sujet de la
paralysie infantile.
Le dernier paragraphe est un clin d'œil aux romans de Azmi Bishara : «
Check-point » (traduit en français par R. Akel) et « A l'ombre de l'amour »
(ndlt).

Traduit par Centre d'Information sur la Résistance en Palestine



26/04/2007
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