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joachim martillo — les origines des juifs actuels

Les origines des juifs actuels
Contre la rationalisation des crimes sionistes

 

Les sionistes et leurs partisans racistes blancs fondamentalistes chrétiens évangélistes justifient les massacres, l’épuration ethnique et le génocide contre la population indigène palestinienne en alléguant que les Ashkénazes ethniques descendraient de Judéens ou de Galiléens Palestiniens gréco-romains de l’Antiquité.

Cette croyance n’a aucun lien avec les réalités, comme l’ont reconnu en privé de nombreux spécialistes des études juives. Lors d’une de ses conférences au MIT, j’ai demandé au professeur à Harvard Shaye Cohen ce qu’il pensait du lien entre les Ashkénazes ethniques modernes et la Palestine antique ; il m’a répondu qu’il y avait eu beaucoup de conversions (au judaïsme) depuis l’époque gréco-romaine (quoi qu’ait bien pu signifier la ‘conversion’, à cette époque). En 2002, Marc Ferro a publié Les Tabous de l’histoire, un ouvrage qui examine dans le détail les conversions auxquelles le professeur Cohen faisait ainsi allusion.

Les conversions ne sont pas le seul phénomène qui ait déterritorialisé le judaïsme. Les Asmonéens et les Hérodiens semblent avoir poursuivi une politique consistant à placer le plus possible d’adorateurs de la divinité suprême El sous l’égide du Temple de Jérusalem, afin d’améliorer les finances du royaume de Judée. El, c’était le dieu Kronos des Grecs, et le Saturne des Romains. Dans la cité hellénistique de Tyr (au Liban), El Kon-Artz (El, Créateur de la Terre) était adoré sous la dénomination d’El-Kronos.

Du temps de Jésus, la grande majorité des adorateurs du dieu El, qui adhéraient au judaïsme du Second Temple, n’avaient probablement aucun rapport ancestral de quelque nature que ce fût avec la Judée gréco-romaine, ni avec les Juifs de Perse, ni avec l’ancien royaume de Juda.

En procédant à une analyse très minutieuse des sources historiques, Seth Schwartz avance, dans son ouvrage Imperialism and Jewish Society : 200 BCE to 640 CE (Jews, Christians and Muslims from the Ancient to the Modern World) [Impérialisme et société juive : de 200 avant JC à 640 après JC (Juifs, chrétiens et musulmans, de l’Ancien monde au monde moderne)], que, vers la fin du deuxième siècle, le judaïsme du Second Temple était complètement dispersé. Il affirme que l’Eglise constantinienne reconstruisit le judaïsme romain tardif. D’une certaine manière, Shaye Cohen est du même avis ; en effet, dans son ouvrage The Beginnings of Jewishness [Les origines de la judéité], il fait remonter au 4ème siècle l’origine de celle-ci, au sens où nous la comprenons aujourd’hui.

Dans l’analyse que fait Schwartz, la datation de Cohen est probablement trop précoce, car le judaïsme talmudico/géonique [le judaïsme géonique correspond à la période s’étendant du 7ème au 11ème siècle de l’ère chrétienne, ndt] n’est pas manifestement le courant dominant dans le judaïsme romain tardif, et la chrétienté judéenne, qui traite Jésus comme un messie, mais pas comme Dieu, ni comme le fils de Dieu, a encore aujourd’hui beaucoup d’adeptes en Palestine, en Mésopotamie et en Arabie Heureuse (dans le Hijaz). Ces chrétiens judéens considèrent qu’ils pratiquent une forme de judaïsme, et aucun groupe juif n’a de position bien définie en matière de matrilinéarité, ni de pratiques de conversion au sein du judaïsme, durant cette période historique.

Tandis que l’Empire romain chrétien tardif se retrécit graduellement, voire s’effondre, le Royaume Khazar connaît une ascension en Russie du Sud, et ce royaume est florissant, à partir du 7ème siècle, durant une période de mille ans. La richesse du royaume Khazar semble avoir été fondée sur le commerce d’esclaves  Slaves (c’est le même mot…, ndt) et de membres d’autres groupes ethniques vivant dans le Sud de la Russie, tout d’abord avec l’Empire byzantin, puis avec les premiers Empires musulmans.

Faire le commerce des esclaves, à cette époque-là, ne saurait être assimilé au trafic d’êtres humains, de nos jours. La servitude, au sens ancien, comme l’esclavage tardif, islamique ou ottoman, pouvait apporter une mobilité sociale, conférer une autorité politique, voire un statut social important aux membres d’une population immigrée étrangère. Ehud Toledano discute ces aspects de l’Esclavage ottoman dans son ouvrage Slavery and Abolition in the Ottoman Middle East [L’esclavage et son abolition dans le Moyen-Orient ottoman]. L’esclavage khazar, l’esclavage byzantin et l’esclavage musulman précoce étaient probablement plus proches de ce système d’esclavage ottoman tardif.

Entretenir des relations commerciales avec les empires chrétien et musulman, voilà qui mit les Khazars dans une position délicate. Certains d’entre eux semblent s’être convertis au christianisme et d’autres à l’Islam, mais ces conversions peuvent avoir généré des problèmes pour leur commerce d’esclaves, car, en tant que chrétiens ou que musulmans, les Khazars allaient être confrontés à l’obligation de convertir leurs sujets slaves soit au christianisme, soit à l’Islam, et de les incorporer à leur communauté. L’esclavage, dans de telles conditions, est tout à fait problématique. Les judaïsmes de l’époque, qui étaient beaucoup moins voués au prosélytisme que la chrétienté ou le monde musulman, faisaient dans leur très large majorité un distinguo très tranché entre les membres de la communauté et les gentils, ainsi qu’entre les esclaves hébreux et les esclaves (gentils) cananéens. A partir du 8ème siècle (et peut-être même avant), les Khazars commencèrent donc à se convertir au judaïsme, et vers le 10ème siècle, le Royaume khazar pratiquait le judaïsme comme une religion officielle. Durant la totalité du Moyen Age, la littérature juive rabbinique fait constamment référence à l’Europe de l’Est sous le nom de Kanaan. J’imagine que c’était parce que l’Est de l’Europe était une source d’esclaves (de Slaves), qui étaient traités, du point de vue légal, comme des ‘avadim kanaanim’ [héb.] (C’est-à-dire des esclaves cananéens).

Contrairement aux pratiques onomastiques ibéro-berbéro-juives, qui incluent souvent des noms talmudiques en araméen qui sont cohérents avec l’immigration occasionnelle de juifs de Babylonie vers l’Espagne, les noms juifs khazars montrent le pattern de l’emprunt du nom propre des néoconvertis aux Ecritures, comme cela est décrit par William Bulliet, un professeur de l’université Columbia. Les fouilles archéologiques ont mis au jour des cimetières turciques mixtes, à la fois juifs et païens, le plus ancien de ces cimetières mixtes ayant été découvert en Russie méridionale (des cimetières de cette nature, mais plus récents, étant attestés dans les Balkans et en Hongrie). Les archéologues ont trouvé également des pièces de monnaie portant des inscriptions turciques et des inscriptions hébraïques utilisant des caractères araméens. Il n’existe pas, en revanche, de preuve textuelle ou épigraphique de la connaissance de l’arabe ou de l’araméen parmi les juifs de la Russie méridionale ou de l’Europe orientale au 10ème siècle, ou avant, contrairement à ce à quoi on aurait pu s’attendre si eux-mêmes ou leurs ancêtres proches avaient été des immigrants venus de Palestine ou de Mésopotamie.

Les Kh azars avaient des échanges avec les Geonim, qui semblent avoir été désireux d’ajuster leurs lois sacrées afin qu’elles devinssent compatibles avec le commerce des esclaves, en échange d’un soutien économique. Cet arrangement est probablement à l’origine du judaïsme rabbinique médiéval, les esclavagistes khazars ayant besoin d’un système légal codifié, et les contributions khazares ont permis au judaïsme géonien de dominer, et finalement d’absorber les autres formes du judaïsme, en même temps que de nombreux membres des communautés juives non khazares devenaient dans l’ensemble de la région méditerranéenne, ainsi qu’en Allemagne et qu’en France, des agents du commerce des esclaves, soit directement, soit à travers les finances, la perception des impôts, la médecine ou la gestion immobilière (autant d’activités professionnelles quasi totalement financées, au Haut Moyen Age, par le commerce des esclaves). Les marchands juifs d’esclaves qui accompagnèrent Guillaume le Conquérant en Angleterre semblent avoir été, quant à eux, d’origine ibéro-berbère (et non d’origine khazare).

Le judaïsme rabbinique médiéval, matrilinéaire et non prosélyte qu’il était, s’est avéré exceptionnellement ouvert à la pratique du commerce des esclaves slaves. Des centres médiévaux d’enseignement juif rabbinique étaient florissants, là où se trouvaient les plateformes du commerce des esclaves slaves, tandis que les Karaïtes du Moyen Age étaient probablement les derniers résistants à l’accommodation avec les juifs géoniques. Ces centres Karaïtes déclinèrent, et tendirent de plus en plus à subsister dans des régions relativement isolées du monde de l’époque.

Amitav Gosh a traduit beaucoup de documents de la Genizah écrits par un marchand juif d’esclaves vivant en Inde (ou à son sujet). Son ouvrage est intitulé In an Antique Land. Gosh est quelque peu réticent à décrire la source de revenus du sujet de cette biographie…

Cette thèse des Khazars complète la thèse de Pirenne [un grand historien belge, 1862-1935] intitulée Mahomet et Charlemagne (1922-1923), ainsi que certaines hypothèses avancées par Crone, Cooke et Nevo sur le développement du premier Islam (Hagarism : The Making of the Islamic World, de Patricia Crone et Michael Cook, Crossroads to Islam de Yehuda Nevo et Judith Koren). L’expansion de diverses formes de judaïsme en Russie méridionale explique probablement la raison pour laquelle Saint Clément d’Ohrid a donné à plusieurs lettres de l’alphabet cyrillique une forme semblable à celle des caractères de l’alphabet hébraïque araméen. Ce sont sans doute des adeptes d’une religion juive non rabbinique qui ont créé le livre d’Esther en slavon, tandis que la chrétienté bogomile et le catharisme avaient sans doute été apporté plus à l’Ouest par des esclaves slaves qui pratiquaient des formes évoluées de christianisme judéen, lesquelles n’étaient plus reconnues comme juives par les Khazars juifs rabbiniques.

Tandis que le commerce des esclaves slaves s’étendait, les détaillants juifs eurent sans doute besoin d’esclaves slaves semi-prosélytes pour les assister dans leur activité commerciale. Un processus similaire se déroula en Afrique de l’Ouest, au moment où le commerce des esclaves africains noirs commença à devenir florissant. Dans les territoires germano-slaves, où les langues sorbe et polabienne (une langue slave de l’Ouest) étaient parlées, les marchands d’esclaves slavo-khazares, qui utilisèrent vraisemblablement ces langues initialement, furent incités à germaniser leur dialecte slave afin de faire du commerce avec des populations majoritairement germanophones, et de se séparer des Sorbes et des Polabes, tant païens que chrétiens. Durant la période s’étendant du 9ème au 13ème siècle, ce processus généra une forme primitive de la langue yiddish, qui donna naissance aux dialectes yiddish occidentaux parlés dans les territoires germaniques. Durant cette période, la population juive slavo-khazare devenant de plus en plus nombreuse et importante au sein de la communauté juive, l’arabe disparaît, en tant que langue des études religieuses, chez les juifs rabbiniques non-khazars.

Tandis que les commerçants khazars reconstruisaient les routes commerciales ou en créaient d’entièrement nouvelles, les juifs, tant khazars que non khazars, développaient des réseaux commerciaux pour des produits sans lien avec l’esclavage. En Espagne, le commerce juif non-esclavagiste ne semble pas avoir été très prisé, à preuve : l’expulsion, par l’Espagne, de sa population juive, moins de cinquante ans, environ, après la fin du commerce des esclaves slaves dans les pays méditerranéens chrétiens – conséquence de la conquête de Constantinople par les Ottomans [1553, ndt].

Le développement de réseaux de distribution sophistiqués et hétérogènes par les juifs, en Pologne, fit du Commonwealth polonais une riche puissance mondiale, tandis que la gestion immobilière, la finance et la perception des impôts par les juifs restèrent importantes, et même florissantes en Pologne, même après la disparition totale du commerce des esclaves slaves par voie de terre, aux environs de la fin des Guerres de la Contre-réforme.

Tandis que les juifs émigraient des territoires germaniques vers l’Est, en raison des Croisades et des Guerres de la Contre-réforme, les dialectes slaves kiévio-polessiens des populations juives slavo-turciques d’Europe orientale et de Russie méridionale (à l’exception de certaines communautés isolées en Slovaquie et dans la région subcarpathique, yiddishifièrent leur vocabulaire à partir du yiddish occidental, créant ainsi les dialectes yiddish orientaux. Paul Wexler [* voir, en annexe, la traduction en français d’une importante étude linguistique de cet auteur, ndt] explique la re-lexification du lexique yiddish, dans son étude intitulée Two-tiered Relexification in Yiddish [Le yiddish : une langue relexifiée aux deux tiers], mais sans proposer la moindre raison historique de ce processus. Le travail d’Alexander Beider et d’autres spécialistes des études onomastiques démontrent également une migration vers l’Ouest de juifs orientaux de langue slave. Certains des développements linguistiques du yiddish oriental pourraient s’être produits dans des régions germanophones.

Au 17ème siècle, pratiquement toute conscience de l’existence même d’un royaume khazare est perdue, chez les juifs, et les juifs yiddishophones d’Europe orientale constituent un groupe ethnique ashkénaze est-européen distinct. Au cours de la dépression économique qui a affecté l’Allemagne pendant un siècle après la signature du Traité de Westphalie (en 1648), ce pays a connu un brassage considérable de chrétiens germaniques apauvris et de juifs germaniques, et beaucoup de juifs sont probablement passés dans la communauté chrétienne, tandis que quelques chrétiens se sont vraisemblablement fondus dans la communauté juive. Durant cette même période, la Pologne s’étant effondrée à la suite de la Rébellion de Chmielnicki (en 1648 également), la Prusse polonaise passa sous domination allemande, et les juifs allemands commencèrent à développer une certaine familiarité avec le système foncier polonais. Ainsi, même après la cristallisation de l’ethnie ashkénaze, le lien entre juifs germaniques et ashkénazes ethniques européens orientaux n’a jamais été particulièrement solide.
Cet article semblera en contradiction avec les études génético-anthropologiques de Hammer, Oppenheim et d’autres auteurs similaires, mais ces études sont sévèrement biaisées, comme nous l’avons fait observer, le Dr. Mazin Qumsiyeh et moi-même [
http://tinyurl.com/3e4xby ]. Un article récent, de Talia Bloch, publié le 22 août 2007 dans la revue (juive de gauche) Forward (« One Big, Happy Family » [Une grande famille heureuse]
[
http://www.forward.com/articles/11444/ ], fait remarquer que même certains des généticiens sionistes les plus extrémistes commencent à concéder que les Ashkénazes ethniques sont un groupe ethnique distinct d’autres groupes ethniques juifs, mis à part le fait que des membres des communautés ashkénazes ou de populations européennes orientales ou russes méridionales ont été exportées vers des communautés non-ashkénazes, par le passé.

Ainsi, la rationalisation des crimes perpétrés par les sionistes contre les Palestiniens, sur la base d’une sorte de connexion ancestrale entre des juifs contemporains avec les populations palestiniennes antiques a toujours été immorale. Mais même ceux qui pensent que les gènes seraient susceptibles de conférer des droits supérieurs à un groupe sur un autre groupe doivent reconnaître que les Ashkénazes ethniques, en Palestine, sont des intrus, des voleurs et des assassins génocidaires.

Joachim Martillo

10 octobre 2007

Ethnic Ashkenazim Against Zionist Israel

http://eaazi.blogspot.com/2007/10/origins-of-modern-jewry.html

 

Sur le même thème : Les Khazars. Ce que la langue yiddish a à nous apprendre quant au rôle joué par les Khazars dans l’ethnogenèse ashkénaze par Paul Wexler

http://www.israelshamir.net/Contributors/Contributor17.htm



16/10/2007
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