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le forum d'istanbul pour al-quds

Le forum d'Istanbul pour al-Quds : Protéger la civilisation face à la barbarie sioniste
 


 

Près de 6000 personnes, venues principalement du monde arabe et musulman, ont assisté au forum d'al-Quds, qui s'est tenu à Istanbul du 17 au 19 novembre 2007, à l'appel de la Fondation d'al-Quds et des associations civiles arabes et musulmanes pour al-Quds, pour soutenir et se mobiliser pour défendre le patrimoine civilisationnel de la ville sainte, occupée par les autorités sionistes à partir de 1948.

Malgré les multiples pressions exercées sur le gouvernement turc afin de l'empêcher, et notamment par M. Mahmoud Abbas, lors de sa visite à Ankara, quelques jours plus tôt, le forum a été un réel succès et a constitué une étape importante dans la mobilisation des forces populaires dans le monde arabo-musulman, face aux projets de règlement inique proposés par l'axe américano-sioniste, soutenu par des régimes arabes et quelques membres de l'Autorité palestinienne.

Les personnalités politiques ayant participé au forum d'Istanbul furent nombreuses : des résistants comme sheikh Raed Salah, l'archimandrite Atallah Hanna, plusieurs membres du Rassemblement national démocratique (parti de Palestine 48, dirigé par Azmi Bishara), des responsables politiques et religieux palestiniens comme sheikh Tamimi, juge suprême de Palestine, Usama Hamdan (représentant du Hamas au Liban), une délégation du Fateh venue de Ramallah, Maher Taher du FPLP, mais aussi arabes et musulmans : des anciens ministres, des parlementaires, des journalistes, des avocats, des ingénieurs, venus d'Algérie, du Maroc, de Tunisie, d'Egypte, du Soudan, d'Arabie Saoudite, du Bahrayn, du Yémen, du Liban, de Syrie, de Jordanie, d'Iran, de Malaisie, d'Inde, et de nombreuses personnalités politiques turques ainsi qu'un public turque impressionnant par sa détermination et son attachement à la ville d'al-Quds et la cause palestinienne. Il ne faut pas oublier les délégations palestiniennes venues d'Europe (Hollande, Norvège, Grande-Bretagne notamment) ni les délégations d'associations de solidarité venues de France, comme le Collectif des Musulmans de France et Palestine en marche. Georges Galloway, le célèbre député britannique, a tenu a être présent aussi pour affirmer sa solidarité et déclarer : « la victoire du Hizbullah au Liban en 2006 nous a donné fierté et dignité ».

Même absent, mentionnons cependant la présence symbolique du président de la république libanaise, Emile Lahoud, qui a tenu à envoyer au forum un message de solidarité sous la forme d'un magnifique parterre de fleurs. Emile Lahoud est le seul chef d'Etat arabe dont le pays a remporté deux victoires contre l'Etat sioniste, au cours de son mandat. Aimé par la résistance et les résistants, encerclé par les grandes puissances, et surtout la France de Chirac, le président Emile Lahoud n'a jamais manqué une occasion pour affirmer son attachement à la Palestine et à la résistance palestinienne et libanaise contre Israël.

Expositions et ateliers

Une salle immense fut réservée aux expositions et aux stands associatifs, puisque les associations civiles agissant pour la ville d'al-Quds et la Palestine étaient organisatrices : les ingénieurs jordaniens avaient construit une grande maquette de l'ancienne ville d'al-Quds (intra-muros), l'union des médecins égyptiens présentait ses programmes d'action dans les camps palestiniens et au Liban après l'agression israélienne de 2006, les multiples stands iraniens diffusaient des films et des documentaires sur l'Intifada et la résistance armée, les stands des associations libanaises présentaient leurs actions en faveur des résistants en Palestine, les stands des associations et centres d'études palestiniens proposaient leurs publications, leurs expositions de photos ou autres productions, plusieurs stands des associations turques et palestiniennes en Turquie proposaient des brochures, cassettes et produits palestiniens, et la Fondation Internationale d'al-Quds proposait ses multiples livrets explicatifs et détaillés sur al-Quds, en arabe, en anglais et en turc. Plusieurs photographes et journalistes de la ville d'al-Quds exposaient leurs photos, sur les prisonniers ou tout simplement des scènes de la vie et de la résistance quotidiennes des Maqdisi (habitants d'al-Quds).

Plusieurs ateliers ont réuni près d'une centaine de participants, à chaque fois, ateliers spécialisés (dont nous parlerons plus longuement dans un prochain article) sur les médias et la ville d'al-Quds, le front islamo-chrétien récemment constitué dans la ville sainte, les femmes et l'action pour al-Quds, l'action des organisations professionnelles pour al-Quds, entre autres. Sheikh Raed Salah a exposé, photos à l'appui, les dangers qui menacent la mosquée al-Aqsa, au cours d'une conférence de presse (nous y reviendrons dans un prochain article).

La caravane algérienne venue de Ghardaïa, qui était passée par plusieurs pays arabes avant d'arriver à Istanbul, a été accueillie avec chaleur et enthousiasme, d'autant plus que l'idée d'une caravane circulant à travers le monde arabe et musulman, consacrée à la ville d'al-Quds et à la question palestinienne, fait depuis son chemin chez nombre d'associations. La chorale de la caravane a animé, avec des troupes palestiniennes, la soirée du vendredi, clôturée par Abu Arab et sa troupe, qui ont fait pleurer le public en leur rappelant la Palestine, ses villes et ses villages, détruits ou encore debout, mais en tout cas résistants.

Forum d'Istanbul contre la rencontre d'Annapolis

L'enjeu du forum a été important et a suscité nombre de discussions entre les participants. D'abord le lieu, Istanbul, la ville aux mille minarets, qui rappelle à tous ses visiteurs son appartenance musulmane. Le maire d'Istanbul a d'ailleurs été à la tribune pour déclarer son attachement indéfectible à la cause palestinienne, rappelant que le peuple turc est entièrement hostile au sionisme et l'Etat sioniste. Le changement politique récent en Turquie suscite de nombreuses interrogations : l'arrivée de Gol à la présidence va-t-elle changer la politique turque vis-à-vis de la question palestinienne et des questions arabes en général ? Comment la Turquie va-t-elle se situer face aux pressions américano-sionistes en faveur d'une guerre contre l'Iran ? Tout en sachant que quelques jours plus tôt, le parlement turc accueillait à Ankara le président sioniste Shimon Pérès, responsable du premier massacre de Qana (Liban), en 1996 et responsable du dossier de la judaïsation de la Galilée et du Naqab en Palestine occupée en 48, et Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, pour mettre au point un plan de collaboration économique entre l'Autorité palestinienne et l'occupant. Mais il faut dire aussi que le gouvernement turc, qui a accueilli ce forum, a résisté aux pressions pour le faire annuler, tout en accordant une aide logistique à sa tenue.

Le moment : ce forum, prévu depuis un certain temps, se tient en pleine période de débats sur la tenue de la conférence, ou rencontre, d'Annapolis, qui devrait rassembler l'Etat sioniste, l'Autorité palestinienne et des parties arabes sous la houlette des Etats-Unis et des pays européens. La rencontre d'Annapolis semble vouloir finir en queue de poisson, à cause des obstacles mis par les sionistes et parce qu'il devient de plus en plus clair que le but de cette rencontre n'a plus d'objectifs que de soutenir Bush face à sa défaite en Irak, soutenir Olmert face à ses difficultés internes et soutenir Abbas et surtout Salam Fayyad face au peuple et à la résistance palestinienne. Malgré cela, le forum d'Istanbul a constitué l'alternative populaire à la voie de la compromission officielle. C'est d'ailleurs pourquoi le président de l'Autorité palestinienne a voulu le faire annuler, mais en vain, mais pour ne pas gêner le gouvernement turc, il a fallu affirmer qu'il ne s'agit pas d'une alternative à Annapolis et le restreindre au soutien à la ville et à la résistance de la ville d'al-Quds contre sa judaïsation et colonisation.

Une étape importante dans la mobilisation des énergies

Le forum d'Istanbul ne représente qu'une étape dans la mobilisation des peuples arabes et musulmans en faveur de la question palestinienne. D'une part, ce forum ne peut être vu comme une nième conférence pour la Palestine, car les multiples liens tissés avec les associations civiles maqdisi qui étaient nombreuses ainsi que les associations civiles des Palestiniens de 48, et surtout la déclaration d'Istanbul (que nous enverrons prochainement) montrent que l'effervescence des peuples arabo-musulmans et de leurs associations et partis politiques a atteint un degré pouvant se traduire en travail effectif si les organisations présentes poursuivent leurs actions, à partir de la déclaration d'Istanbul. D'autre part, plusieurs délégations ont souhaité que les prochaines rencontres soient plus « professionnelles », dans le sens où les programmes d'action et de mobilisation soient plutôt coordonnés dans les forums, à partir du constat que le potentiel existe dans les pays même où le véritable travail se mène, les rencontres, importantes, devant servir à mobiliser et à élargir l'audience des actions sur le terrain.

Actuellement, il s'agit de dessérer l'étau qui encercle la ville d'al-Quds et les Maqdisis. Cette tâche peut être menée sur plusieurs fronts, à travers les médias, pour faire connaître la situation exacte de la situation sur le terrain, à travers les actions politiques, où il faut parvenir à faire pression sur les gouvernements arabes, puis dans le monde, pour obliger Israël à stopper ses plans de judaïsation et de colonisation, et à travers les aides financières qui doivent permettre à la population de résister, et ce volet a plusieurs facettes : aider les plus démunis grâce aux dons accordés aux institutions sur place, aider à développer les projets économiques et sociaux que les institutions maqdisis souhaitent mettre en place et offrir des aides logistiques à ces institutions. Ce vaste programme nécessite une mobilisation multiple à laquelle il est nécessaire de s'atteler, à partir du fait que la ville d'al-Quds et la Palestine dans son ensemble sont la clé capable d'unir les énergies des peuples arabes et musulmans et leurs amis dans le monde.

Le point faible, si l'on peut le définir ainsi, reste la faible mobilisation en direction des autres parties du monde et notamment occidental. Mobiliser l'opinion internationale en faveur de la ville d'al-Quds est une tâche importante dont l'importance a été soulignée par de nombreux participants. De nombreuses propositions sont encore à l'étude et peuvent voir le jour à partir de 2008, année de la commémoration du 60ème anniversaire de la Nakba. 

CIREPAL (Centre d'Information sur la Résistance en Palestine)
19 novembre 2007


 



21/11/2007
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