albatroz - images, songes & poésies

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vidéo — mohamed bakri, jénin jénin

JENIN JENIN

Film de Mohamed Bakri (2002 - 50 mn)

Le massacre de Jénine en 2002, l'un des oradours commis par Israël.

 

Jénine

Textes sur l'invasion israélienne du camp de Jénine reçus entre le 6 et le 19 avril 2002, et traduits en français.



Samedi 6 avril 2002

Mofaz en charge de détruire le camp de réfugiés de Jénine. Le général en chef va mener l'opération de destruction.

Site web de Al Jazeera, Samedi 6 avril 2002 (retraduit de l'anglais)


Un correspondant de Al Jazeera en Palestine a rapporté que le chef d'Etat Major israélien, le général Shaul Mofaz, dirige personnellement l'opération pour détruire le camp de Jénine après deux jours de tentatives sans succès pour envahir le camp. Il ajoute que le commandant de la brigade chargé de l'opération a été relevé de son commandement et que Mofaz est personnellement en charge de l'opération pour détruire le camp sur la tête de ses habitants. Les résidents du camp que al-Jazeera a pu contacter disent que le chef d'Etat Major, qui dirige l'opération depuis un hélicoptère en vol, a donné des ordres pour intensifier le bombardement par hélicoptères, tanks et artillerie lourde sur les maisons et les positions où se sont abrités les résistants, et sur tout ce qui bouge dans le camp. Les résidents ajoutent que les corps sont répandus au long des rues et qu'on ne peut pas les compter à cause de l'intensité des tirs. Entre temps ce matin six corps ont été trouvés, dont trois de membres de la Force de Sécurité Palestinienne. (..)

[Traduit de l'anglais par JPB, AFPS-Toulouse]

Lundi 8 avril 2002

L'armée israélienne commet un massacre dans le camp de réfugiés de Jénine.

8 avril 2002


Les forces israéliennes, comprenant plus de 150 tanks, des véhicules blindés de transport de troupes et de l'artillerie, et couvertes par des F-16, continuent d'attaquer le camp de réfugiés de Jénine, où vivent 15.000 réfugiés palestiniens sur une surface d'un kilomètre carré. Depuis le 3 avril, les forces israéliennes ont bombardé le camp de réfugiés, avec différentes armes lourdes, notamment des missiles, de l'artillerie et d'autres munitions lourdes. Les réseaux d'eau et d'électricité ont été détruits. Les ravitaillements alimentaires et médicaux ont été empêchés d'entrer dans le camp de réfugiés. Des dizaines de résidents ont été tués et blessés. De nombreux corps ont été abandonnés dans les ruines de refuges démolis et dans les rues et allées du camp. Selon les informations recueillies par LAW auprès de plusieurs sources médicales officielles et de témoins oculaires à Jénine et dans le camp de réfugiés, le nombre de victimes, y compris des femmes, des enfants et des personnes âgées, ne cesse de grandir et atteint un niveau effrayant. Des dizaines de civils sont victimes chaque heure.

Les ambulances et le personnel médical ne sont pas autorisés à accéder au camp de réfugiés et sont empêchés d'évacuer les morts et les blessés. Toutes les sources confirment que durant ces quatre derniers jours aucun cadavre ni blessé n'a atteint les hôpitaux et les centres médicaux de Jénine-ville. Les infirmiers sont incapables de prodiguer des soins médicaux, car l'IDF les en empêche par la force. Depuis dimanche (7 avril 2002) à 20h jusqu'à maintenant, des dizaines de tanks israéliens et sept hélicoptères israéliens d'attaque ont continué de bombarder le camp de réfugiés avec de l'artillerie lourde et des missiles. Ces 16 dernières heures, plus de deux cents missiles et tirs d'artillerie ont été jetés sur le camp de réfugiés, tuant au moins 50 habitants. Plus de100 habitants ont été tués dans les trois derniers jours. Nos sources sont insuffisantes pour déterminer le nombre exact de morts, de blessés et de disparus.

Des corps sont abandonnés dans les rues et des dizaines de blessés restent à saigner sans aucune aide médicale. Les appels reçus par LAW confirment qu'hier et aujourd'hui l'odeur des cadavres se répand dans le camp de réfugiés. À chaque minute, un blessé meurt faute de soins médicaux. Nos sources nous confirment que ces dernières 24 heures le camp de réfugiés a épuisé ses ressources en produits de base, y compris l'eau, la nourriture et les produits médicaux. Selon nos sources dans le camp de réfugiés, les gens ont été contraints de boire des eaux usées, malgré les appels à ne pas le faire. Indépendamment de manque de nourriture et d'eau, nos sources (y compris l'hôpital de Jénine) confirment une crise de la santé publique dans le camp. Le directeur de l'hôpital affirme que la capacité de l'hôpital de Jénine est paralysée par la destruction de plusieurs de ses services et par la continuation des bombardements israéliens. Selon LAW, depuis ce matin, des dizaines de bulldozers israéliens détruisent au hasard des logements de réfugiés, pour faire la place aux tanks et aux véhicules blindés de transport de troupes qui doivent atteindre le camp. Le tout accompagné de bombardement par air et au sol.

Omar Steiti, qui travaille à l'hôpital de Jénine et a été témoin de la situation dans le camp de réfugiés, affirme qu'un massacre ou un génocide est en cours en ce moment dans le camp ". LAW condamne ces tueries de masse et ces attaques contre des civils, qui constituent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, en violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève, et peut-être de la Convention sur le Génocide (1948). LAW appelle à une intervention immédiate pour mettre un terme à ces crimes de guerre.

LAW - Association Palestinienne pour la Protection des Droits de l'Homme et pour l'Environnement est une organisation non - gouvernementale affiliée à l'International Commission of Jurists (ICJ), à la Fédération Internationale des Ligues de Droits de l'Homme (FIDH) et à l'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT).

LAW - PO Box 20873, Jérusalem
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[Traduit de l'anglais : JPB, AFPS-Toulouse]




Mardi 9 Avril 2002

Pérès qualifie de "massacre" l'opération de "Tsahal" à Jénine par Aluf Benn & Amos Harel

in Ha'Aretz (quotidien israélien) du mardi 9 avril 2002


Le ministre des Affaires Etrangères (Israélien) Shimon Pérès est très préoccupé par les réactions internationales qui ne manqueront pas d'être extrêmement vives dès lors que le monde aura pris connaissance des détails de la bataille acharnée récente dans le camp de réfugiés (palestiniens) de Jénine, bataille (non encore achevée) durant laquelle plus de cent Palestiniens ont d'ores et déjà été tués dans des combats avec les soldats des Forces Israéliennes de Défense ("Tsahal"). En privé, Pérès qualifie cette bataille de "massacre".

Des officiers de "Tsahal" ont eux aussi fait état de leurs plus grandes réserves, hier lundi, au sujet des opérations en cours à Jénine. "En raison du danger", ont-ils dit, "il n'y a pratiquement aucun soldat qui progresse à pied. Les bulldozers sont en train de "raser" les maisons, causant des destructions inimaginables. Quand le monde découvrira le spectacle de ce que nous aurons fait là-bas, cela nous portera un tort écrasant."

"Quel que soit le nombre d'hommes recherchés que nous tuions dans (ce) camp de réfugiés, quelle que soit l'étendue de l'infrastructure "terroriste" que nous découvrions et que nous mettions hors d'état de nuire dans ce camp, des destructions d'une telle ampleur n'ont absolument aucune justification."

Pérès, qui se sent de plus en plus isolé au sein du gouvernement (israélien actuel) - Sharon a ajouté trois ministres "ligne dure" à son cabinet, hier lundi - pense qu'à ce stade Arafat est toujours irremplaçable.

Il ne considère absolument pas les documents exhibés hier à la Knesset par Sharon comme un "revolver au canon fûmant" qui prouverait qu'Arafat aurait été directement impliqué dans les activés terroristes. Pour lui, l'isolement d'Arafat par Israël n'a fait que rehausser le prestige du dirigeant palestinien, faisant de lui l'acteur-clé (du conflit).

Toutefois, en dépit de cette posture extrêmement critique, et de sa conviction que le parti Travailliste ne saurait rester plus avant au gouvernement, Pérès veut encore choisir le moment opportun pour en partir. Il dit à ses plus proches conseillers que ce n'est qu'après la fin des combats et après la visite du Secrétaire d'Etat américain Colin Powell, que la décision sera prise. Dût Powell présenter un plan de règlement politique, le parti Travailliste serait enclin à se battre pour le faire aboutir, au sein du gouvernement (actuel).

[traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, AMFP/AFPS-Marseille]




Les forces israéliennes continuent de commettre des crimes de guerre à Jénine et Naplouse.

9 avril 2002.

(..)

A Jénine, nos sources ont dit à LAW que des douzaines de blindés israéliens, d' APC et de bulldozers soutenus par sept jélicoptères d'attaque Apache, continuent de bombarder le camp de réfugiés. Les bullzozers ont détruit des dizaines d'abris et de maisons. Les forces israéliennes ont tiré plus de 250 missiles et obus dans les dernières 24 heures. Les sources médicales craignent qu'au moins 150 résidents aient été tués et les corps restent étendus dans les rues, les passages et les maisons. Des sources ont dit à LAW que les réfugiés souffrent du manque de nourriture, de médecine et d'eau. Le camp n'a plus aucune denrée de base. Les sources médicales y craignent une épidémie. Contrairement aux allégations israéliennes disant que les ambulances ont été autorisées d'accès, le personnel médical a dit aujourd'hui que deux ambulances essayant d'évacuer des blessés ont été renversées et détruites par les chars israéliens. (.)

source: LAW. [Traduit de l'anglais par JPB, AFPS-Toulouse]



Mercredi 10 avril 2002

Israël creuse des charniers ö la dissimulation de crimes de guerre.

Date: mercredi 10 avril 2002. De : " Lawsociety "law@lawsociety.org

10 avril 2002.


Ce matin 10 avril, LAW est parvenu à obtenir l'information suivante du camp de réfugiés de Jénine. Les résidents du camp de réfugiés rapportent qu'on les a d'abord fait sortir du camp. Les témoins oculaires ont déclaré que les forces israéliennes sont en train de creuser de grandes fosses dans le camp de Jénine et aux alentours. Ils ont dit leur crainte que celles-ci soient des fosses communes où les tués (dont le nombre est à confirmer) du camp de réfugiés seront enterrés. Les témoins oculaires ont vu les forces israéliennes y mettre des corps. Le lieu est situé au milieu du camp, aussi nommé Haret al-Hawarish. LAW a cherché l'assistance les agences humanitaires internationales pour entrer dans la zone et enquêter sur les activités en cours des forces israéliennes, et photographier la manière dont les morts ont été tués, mais nous avons été prévenus que l'entrée dans le camp est trop dangereuse à présent.

LAW croit que ces actions en cours suggèrent une intention de cacher les preuves de crimes de guerre israéliens dans le camp de réfugiés de Jénine. Elles font suite aux déclarations du ministre des affaires étrangères Israélien Shimon Peres dans Ha'aretz du 9 avril 2002, qu'un " massacre " a été commis dans les camps et de déclarations faites par des officiers de l'IDF que " les soldats n'avancent pratiquement pas à pied. Tout simplement les bulldozers Îrasent " les maisons et causent des destructions terribles. Quand le monde verra les images de ce que nous avons fait ici, cela nous fera un tort immense ". " Quel que soit le nombre d'hommes recherchés tués dans le camp de réfugiés, et l'étendue de l'infrastructure terroriste que nous exposons et détruisons ici, il n'y encore aucune justification à une aussi grande destruction. "

Peter Hansen, directeur de l'UNRWA, a aussi confirmé le 7 avril 2002 que " Nous obtenons des rapports de pure horreur ö que des hélicoptères déchiquettent les zones résidentielles, que les tirs systématiques des tanks ont fait des centaines de blessés, que les bulldozers rasent les maisons des réfugiés et que bientôt il n'y aura ni nourriture ni médecines. " Ces déclarations confirment les rapports reçus du camp de Jénine plus tôt cette semaine, rapportés par LAW dans ses communiqués de presse des 8 et 9 avril et dans son résumé hebdomadaire.

L'avocat de LAW Hanan Khatib a délivré une pré-pétition auprès des bureaux du Ministre de la Justice israélien pour stopper ces enterrements en fosses communes et pour permettre l'accès de l'équipe de légistes de LAW afin d'enquêter sur les circonstances des morts. Hier soir, LAW a reçu des informations directes de Jénine et de Naplouse sur une escalade de l'assaut militaire, incluant, dans le camp de réfugiés de Jénine, le bombardement par des hélicoptères d'attaque Apache, le bombardement de la vieille ville de Naplouse et du camp de Balata par des avions F15 et F16, et d'autres déploiements de tanks israéliens.

LAW réaffirme que ces assauts militaires ciblant des civils à travers les Territoires Palestiniens Occupés, en particulier à Jénine et Naplouse, représentent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. LAW condamne tout autant les efforts pour empêcher l'accès des observateurs des droits de l'homme, des journalistes et des agences humanitaires à ces lieux de meurtres en masse pour enquêter et recueillir les preuves de ces crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

LAW renouvelle instamment son appel aux états membres pour mettre en oeuvre des mesures effectives, y compris des sanctions économiques, pour presser Israël d'accepter une présence internationale de protection, de mettre fin à ses violations flagrantes, à ses crimes de guerre et crimes contre l'humanité, et pour se consacrer de bonne foi à des négociations de paix finales.

LAW approuve les récentes mesures par des Etats pour imposer un embargo sur les armes, y compris par le gouvernement allemand, mais pense que des mesures plus fortes, en particulier des sanctions économiques et le déploiement immédiat d'une force internationale de protection, sont vitales pour la protection des civils.

LAW appelle encore les Etats membres, a l'inclusion des Hautes Parties Contractantes de la 4eme convention de Genève, à accomplir les obligations de l'article 146 en recherchant, enquêtant et amenant à leur procès les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, sous une juridiction universelle et par un Tribunal des Crimes de Guerre, et appelle les Etats membres à mettre fin à tout acte qui aide ou incite à la perpétration de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, y compris en mettant fin à la fourniture des armes utilisées pour commettre de tels crimes.

[Traduit de l'anglais par JPB, AFPS-Toulouse]




MISE A JOUR : Exécutions extra-judiciaires dans le camp de Jénine ; des corps vus dans les décombres.

Date : Mercredi 10 avril 2002. De : "Lawsociety" <law@lawsociety.org>

10 avril 2002


Les relations de témoins du camp de réfugiés de Jénine à LAW indiquent que parmi les combattants palestiniens résistant à l'assaut militaire israélien sur le camp de réfugiés, certains pensèrent se rendre aux forces israéliennes et furent sommairement exécutés. Il a été difficile de confirmer le nombre exact des exécutés, en raison du fait que les forces israéliennes empêchent tout résident et tout observateur indépendant d'entrer dans ou de revenir du camp. Cependant, LAW a reçu les noms de deux de ces combattants, qui ont été apparemment exécutés après leur reddition : Ala' Sabagh et Mahmoud al-Hilou. Les témoignages indiquent que d'autres combattants restant dans le camp, ayant stoppé toute résistance et cherchant à se rendre, ont été exécutés sommairement. Les témoins rapportent qu'au moment de quitter le camp ils ont vu des corps de résidents apparemment écrasés par les bulldozers militaires et des corps dans les décombres des maisons ou des cabanes détruites. Ils ont dit leur peur de ne pas savoir si tous les corps dans les décombres étaient de morts ou de blessés.

LAW comprend que la majorité des habitants du camp, après avoir été expulsés par les forces israéliennes plus tôt aujourd'hui, n'ont pas encore le droit d'y retourner. Ces réfugiés sont maintenant éparpillés tout autour du camp de réfugiés. Plusieurs sources venant du camp de réfugiés estiment qu'au moins 30% de la surface totale du camp, en comprenant tous les types de construction, sont entièrement détruits. LAW appelle au déploiement immédiat d'une force de protection internationale pour protéger les civils dans les Territoires Palestiniens Occupés, et pour qu'une délégation internationale d'investigation soit envoyée immédiatement pour enquêter sur les preuves apparentes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité perpétrés par les forces israéliennes, en particulier au camp de réfugiés de Jénine.

[Traduit de l'anglais par JPB, AFPS-Toulouse]




Mercredi 10 avril 2002, Palestine Monitor Alquds < palmon@upmrc.org>

The Palestine Monitor, A PNGO Information Clearinghouse

Mise à jour, 10 Avril 2002.


Le gouverneur désigné de Jénine, Haider Rashid, a décrit ce matin comment les soldats israéliens dans le camp des Nations Unies de Jénine passent les maisons au bulldozer : " d'abord j'ai pensé qu'ils faisaient ça pour élargir les rues pour le passage des tanks ö maintenant je crois que l'armée fait ça pour masquer ses crimes. Quand les soldats quitteront Jénine finalement, la presse, les caméramen et les diplomates viendront voir les horribles choses que les soldats ont fait ö mais cette atrocité sera littéralement enfouie ". La situation à la fois à Jénine-ville et au camp de réfugiés est reste horrifiante, avec les blindés et les hélicoptères attaquant et bombardant la zone, le couvre feu permanent, la capture des Palestiniens, et ni eau ni électricité. On estime que 200 palestiniens ont été tués dans le massacre de Jénine, ceci ne peut pas être confirmé parce que personne ne peut y accéder pour collecter les morts et les blessés.

D'après M. Rashid, au moins 3000 personnes, surtout des femmes et des enfants, ont quitté le camp (habité par 15000 personnes). Im Alaa As-Sady, une de celles qui ont échappé au carnage dans le camp, a décrit comment elle " n'avait pas le choix sinon de partir avec mes enfants. Il n'y avait pas d'eau, nos n'avions plus de pain depuis plusieurs jours. Les maisons sont constamment bombardées ö et si on sort, ou si on va près des fenêtres ou sur le toit, des tireurs cachés peuvent vous tirer dessus. Nous avons quitté la ville et maintenant on est dans une maison avec 40 autres personnes Je ne sais pas comment on va faire , on est tous là et il n'y a déjà plus rien à manger. On ne peut pas sortir en acheter parce que le couvre-feu n'est pas levé ici, c'est une zone près du camp. Je ne sais pas où sont mes autres filles et mon mari ". Dans presque tous ces cas, c'est la troisième fois qu'Israël a chassé ces gens de leurs maisons, les crimes contre les deux premières générations se répètent sur la troisième. ()

[Traduit de l'anglais par JPB, AFPS-Toulouse]



Mercredi 10 Avril 2002 Gush Shalom adam@gush-shalom.org

Message retransmis de :

"Ta'ayush Arab-Jewish" arab_jewish@hotmail.com


Que se passe t'il dans le camp de réfugiés de Jénine ? On ne sait pas avec certitude. Les militaires ne laissent pas la presse entrer dans le camp. Pourtant les témoignages qui viennent peignent un tableau effrayant. Des centaines de tués, leurs corps entassés dans les maisons et les rues par manque de possibilité de les transporter aux cimetières, les blessés agonisant dans les rues, l'accès aux soins interdit ; le camp a été bombardé par voie aérienne ; les maisons sont démolies avec leurs habitants encore dedans. Des centaines de familles ont été jetées hors du camp avec rien d'autre que leurs vêtements sur elles. D'autres restent, qui voient sans pouvoir rien faire la démolition de leurs maisons et la destruction de leurs biens.

La Cour Suprème a récemment rejeté plusieurs pétitions contre les démolitions de maisons et d'autres exactions de l'armée à Jénine, mais nous ne resterons pas silencieux face à ces atrocités ! Toute et chaque personne parmi nous avec une conscience a l'obligation de rappeler au gouvernement israélien et à nos concitoyens les limites imposées par la morale des hommes. Ce samedi 13 avril à 11 heures, nous ferons une marche de protestation du carrefour de Megido au checkpoint de Salem sur la route de Jénine. Les camions qui nous accompagneront contiendront des provisions d'urgence pour les sans abris et les expulsés de Jénine.

L'eau manque dans le camp, et amener des camions citernes s'est avéré inapproprié dans les circonstances actuelles. SVP amenez avec vous des bouteilles d' 1 litre d'eau (du robinet c'est parfait) de préférence dans des boites en carton. Ils seront chargés sur un camion et délivrés dans le camp de Jénine. Aussi demandés : des vêtements (bon état seulement : n'insultons pas leurs destinataires en agissant honteusement), des couvertures et des ustensiles de cuisine. Venez crier votre indignation, et amenez un ami avec vous. Notre protestation doit s'entendre fort et clair ! Souvenez-vous que notre force est dans le nombre. N'oubliez pas vos cartes d'identité, amenez vos caméras vidéo et appareils photos si vous en avez. Le transport sera bientôt disponible.

Nos partenaires dans cette action sont: Banki, Gush Shalom, the Committee against House Demolitions, The Campus Is Not Silent, The Supreme Followup Committee, The Druse Action Committee, Hadash, Mossawa, Forum Smol, New Profile, The Women's Coalition for Peace, Kol Aher BaGalil. Si vous n'êtes pas disponible samedi, vous pouvez contribuer à l'effort en donnant de l'argent pour l'achat du matériel et pour couvrir les dépenses. Les donations (.).

Visitez note site à http://taayush.tripod.com

[Traduit de l'anglais par JPB, AFPS-Toulouse]





Jeudi 11 avril 2002


B'Tselem médiateur entre l'armée et 29 palestiniens du camp de réfugiés demandant à se rendre.

Communiqué de presse. 11 avril 2002.


Vers 23 heures la nuit dernière, les représentants de 29 palestiniens piégés dans le camp de Jénine ont contacté B'Tselem. Le groupe a demandé la médiation de B'Tselem pour s'assurer qu'il se leur serait pas fait de mal s'ils se rendaient à l'IDF (forces armées israéliennes). Le groupe comprenait trois blessés dont un jeune de 13 ans. B'Tselem a conduit des efforts de médiation prolongés entre l'IDF et les Palestiniens. A 6h30 ce matin, le groupe de 29 palestiniens a commencé à quitter son b'timent et à se rendre aux forces de l'IDF sur place.

Pour des détails: Lior Yavne, 050-387-230 / Beeper (03-610-6666) number 31146. B'Tselem: Le Centre Israélien d'Information pour les Droits de l'Homme dans les Territoires Occupés, est le principal groupe israélien surveillant, documentant et demandant l'amélioration du respect des droits de l'homme en Cisjordanie et à Gaza. Fondé en 1989, B'Tselem publie des rapports, s'engage légalement et sert de centre de documentation. ().

[Traduit de l'anglais par JPB, AFPS-Toulouse]



L'armée israélienne s'apprête à enterrer les morts du camp de réfugiés palestiniens de Jénine dans une fosse commune provisoire

par Amos Harel & Amira Hass in Ha'Aretz (quotidien israélien) du jeudi 11 avril 2002

Les Forces Israéliennes "de Défense" ont décidé d'enterrer les morts palestiniens, tués au cours de l'opération contre le camp de réfugiés de Jénine, dans une fosse commune provisoire. Des estimations avancent que quelque 200 Palestiniens auraient été tués au cours du ratissage de ce camp par Israël, bien qu'il soit impossible de savoir, pour l'heure, combien de cadavres ont déjà été enlevés. Un porte-parole de l'armée israélienne a indiqué que la raison qui a présidé à cette décision est double. Il s'agirait tout d'abord d'empêcher les Palestiniens d'utiliser les corps à des fins de propagande. Deuxième raison : certains des cadavres sont encore étendus dans les venelles et les ruelles du camp, et il faut (n'est-ce pas... ndt) éviter la propagation de possibles épidémies. Au cours des derniers jours, des ONG étrangères travaillant en Israël ont reçu des informations selon lesquelles l'armée israélienne utilise des bulldozers pour évacuer les corps des rues. Pour la première fois, mercredi, la télévision a diffusé des vues montrant la destruction du camp de réfugiés de Jénine, mais sans qu'un seul cadavre ne soit montré. Un porte-parole de l'armée israélienne a déclaré mercredi que l'évacuation des cadavres n'avait pas encore commencé.



Mission accomplie Le responsable des opérations de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, le brigadier-général Eyal Shlein (retenez le nom de ce candidat à La Haye, ndt) a tenu un briefing, mercredi, pour les journalistes, au cours duquel il a indiqué qu'Israël avait rempli ses objectifs en pénétrant dans ce camp. Shlein a déclaré aux correspondants de guerre : "l'IDF a entièrement rempli son contrat - la destruction de l'infrastructure terroriste dans le camp et la capture de centaines de suspects figurant sur notre liste de terroristes recherchés, parmi lesquels des terroristes de première bourre.". Shlein a souligné que les opérations israéliennes à Jénine et ailleurs se poursuivaient. "Durant nos opérations dans le camp de réfugiés de Jénine", a expliqué Shlein, "la plupart des terroristes figurant sur notre liste d'appel se sont soit rendus, soit ont été capturés ou tués. DE plus, nous avons découvert d'énormes quantités d'armes, de munitions, d'explosifs et de bombes, tant passées en contrebande que fabriqués artisanalement. L'armée israélienne a découvert des dizaines de laboratoires permettant de fabriquer des explosifs, et elle a découvert que des enfants ont été utilisés pour confectionner les engins (explosif)", a-t-il ajouté. "Nous avons arrêté plusieurs kamikazes en puissance (!), qui avaient d'ores et déjà enregistré leurs messages d'adieu-vidéo, qui auraient dû être diffusés après leur mort, et nous avons éliminé plusieurs personnes responsables d'avoir apporté une aide logistique aux kamikazes", a déclaré le commandant. Shein a ajouté : "nous allons continuer à ratisser le camp afin de neutraliser toutes les mines abandonnées. Des dizaines, voire des centaines, d'engins explosifs ont été abandonné sur le terrain, et de nombreuses maisons sont piégées." Shein a déclaré également que des terroristes "utilisaient des habitants du camp - parfois pris en otages - qui ne voulaient pas participer aux combats, et ont utilisé aussi leurs maisons comme bunkers piégés."


Un "dangereux" activiste islamiste se rend Un membre dirigeant du mouvement islamiste Jihad, Sheikh Ali Sfouri, s'est livré mercredi matin à l'armée israélienne, dans le camp de Jénine, thé'tre de l'une des plus féroces batailles de toute l'"Opération Bouclier Défensif", lancée il y a désormais presque deux semaines par Israël avec l'objectif proclamé d'éradiquer l'infrastructure terroriste dans les territoires. Selon les responsables de l'armée israélienne, Sfouri était engagé dans la préparation de nombreux attentats contre des Israéliens. Les Palestiniens, toutefois, ont fait savoir que cet homme avait été tué par l'armée israélienne, dans le camp. L'armée israélienne a reçu des rapports contradictoires relatifs au sort de Sfouri et de Mohammed Twalba, autre dirigeant actif du Jihad islamique à Jénine. Certaines sources palestiniennes ont fait état de la mort d'au moins un des deux hommes. Des militants de son organisation ont même prononcé le martyrologe de Twalba. Twalba est l'un des hommes les plus recherchés de toute la Cisjordanie, il est présumé responsable d'avoir envoyé au minimum dix kamikazes en mission contre des cibles israéliennes. Parmi les attaques terroristes dont il serait responsable figurent les deux attentats-suicides de Wadi Ara, qui ont causé la mort de dix Israéliens. De sources palestiniennes, on apprend que le dernier groupe d'hommes armés, dans le camp de réfugiés de Jénine, s'est rendu aux forces israéliennes de "défense", mercredi. Ce groupe, comportant deux dirigeants de milices locales, ont déposé les armes à l'aube et sont sortis des deux b'timents où ils s'étaient repliés, a indiqué un combattant relevant du mouvement Fatah, du dirigeant palestinien Yasser Arafat. Plus de 1 000 Palestiniens se sont rendus mercredi à l'armée israélienne, dans le camp de Jénine. L'armée israélienne a mené à bien son assaut contre les dernières poches de résistances dans ce camp, mais des commandants du champ de bataille pensent que beaucoup de Palestiniens recherchés ont trouvé des cachettes de fortune et son encore susceptible d'attaquer les soldats présents sur place.

[traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, AMFP/AFPS, Marseille]



11 Avril 2002

Aujourd'hui, des soldats israéliens ont attaqué un groupe de journalistes locaux et étrangers près du camp de Jénine. Il furent forcés de se déshabiller, leurs cartes de presse et les films furent confisqués, et les soldats israéliens les empêchèrent de couvrir les événements.

Le groupe, qui inclut Ata Awisat (Gamma), Rowhi al-Rasem (APTM), Amar Awad (Reuters) et Jérôme Delay (AP) a été insulté et il lui a été dit que la zone était déclarée "zone militaire fermée"

Le mise en place de "zones militaires fermées" a été une politique militaire israélienne depuis le début de l'occupation en 1967.

Awad Awad, président du Comité Palestinien de Photojournalisme, a déclaré à LAW que les soldats israéliens disent que Danny Seamen, chef du Bureau de Presse du gouvernement d'Israël, a interdit aux journalistes de travailler à Jénine.

LAW croit qu'il est impératif que les agences humanitaires, les journalistes, les observateurs indépendants soient présents à Jénine pour enregistrer ce que les militaires israéliens semblent cacher. Le gouvernement israélien semble éviter d'avoir à rendre compte de ses abus en offrant des justifications peu convaincantes pour sa conduite, non corroborées par les enquêtes indépendantes. Ceci est d'autant plus nécessaire que des officiers israéliens ont dit "Quand le monde verra les images de ce que nous avons fait, ça nous causera un tort immense" (Ha'aretz, 9 avril 2002).

Hier 10 avril, à Naplouse, des soldats israéliens ont détenu pendant 1 h 30 Nasser Ishtayeh (AP photo) et Jafer Ishtayeh (AFP) près du croisement aux villages de Salem, Azmoud et Deir al-Hatab. Ils ont été forcés de se déshabiller à moitié sous la menace des armes. Les journalistes ont refusé de donner leur gilet pare-balles et leurs films. Finalement ils n'ont pas pu entrer dans Naplouse et ont été forcés de repartir.

Le Bureau de Presse du gouvernement israélien a annoncé qu'"aucun citoyen étranger (incluant les membres des médias) n'est autorisé dans la zone fermée" et que "quiconque trouvé là sera par conséquent expulsé. Les journalistes sont avisés que leur présence dans la zone fermée est à leur propre risque."

LAW condamne les dernières attaques israéliennes contre la presse dans les Territoires Occupés. LAW demande instamment à la communauté internationale d'assurer que les médias locaux et étrangers peuvent travailler librement

[Traduit de l'anglais par JPB, AFPS-Toulouse]



Après avoir épuisé leurs munitions, les derniers combattants palestiniens de Jénine se rendent aux forces israéliennes.

Jeudi 11/04/2002


Après une semaine de combat, une quarantaine de combattants palestiniens du camp de réfugiés de Jénine a déposé les armes après avoir épuisé leurs munitions.

Le groupe comprenant deux dirigeants locaux de la résistance palestinienne a déposé les armes à l'aube et est sorti de deux b'timents, a déclaré un militant du Fatah de Yasser Arafat.

Le camp de Jénine a été le thé'tre des affrontements les plus sanglants en deux semaines d'attaques israéliennes contre la Cisjordanie. Des centaines de résistants palestiniens ont livré un combat héroïque pour défendre le camp.

Mardi, 13 soldats de l'armée d'occupation israélienne ont été tués dans une double embuscade. Il s'agit des plus lourdes pertes infligées à l'occupant depuis 1983.

Les combats avaient perdu en intensité mercredi après que les derniers combattants eurent dit qu'ils étaient à court de munitions. Plusieurs centaines d'habitants du camp de réfugiés dont des hommes armés et des civils s'étaient rendus mercredi.

Jeudi, les 36 résistants restants sont sortis de deux immeubles du camp, a déclaré un militant du Fatah qui n'a donné que son nom de guerre, Abou Sami.

Parmi les militants qui se sont rendus figurent deux chefs locaux de la résistance -Ali Safouri du Djihad islamique et Djamal Huweïl, le chef régional des Brigades des Martyrs d'al-Aqsa proches du Fatah, a dit Abou Sami.

Selon des témoignages concordants, l'armée israélienne avait exécuté plusieurs militants palestiniens et détruits plusieurs habitations sur leurs habitants qui refusaient d'évacuer le camp.

D'après les déclarations de plusieurs responsables, c'est un réel massacre que l'armée israélienne a commis dans ce camp. Les soldats israéliens transféraient des corps vers des destinations inconnues et creusaient d'énormes tranchés pour enterrer les cadavres avant d'aplatir les habitations par-dessus pour effacer les traces du carnage et ramener la situation à des témoignages difficiles à vérifier!


Vendredi 12 avril 2002


Des centaines de Palestiniens tués dans le camp de Jénine !

Vendredi 12/04/2002


JERUSALEM (AFP) - Plusieurs centaines de Palestiniens ont apparemment été tués par l'armée israélienne lors des combats dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie.

"Il est très vraisemblable que plusieurs centaines de Palestiniens ont été tués dans les combats, mais il ne faut pas croire aux allégations palestiniennes selon lesquelles il s'agit d'un massacre", a déclaré vendredi, à la radio militaire, le porte-parole de l'armée, le général Ron Kitrey, sans donner de chiffre précis. "Il y a eu des combats très acharnés, comme le montre l'étendue des pertes israéliennes", a-t-il indiqué, par ailleurs, dans une interview à la radio publique.

L'armée a affirmé que vingt-trois soldats avaient été tués lors de l'assaut du camp, dont treize mardi dans une embuscade. Jusqu'à maintenant, elle parlait de plus d'une centaine de morts dans le camp, alors que les Palestiniens ont avancé le chiffre de plus de cinq cents des leurs tués dans l'offensive israélienne pour l'ensemble de la Cisjordanie.

Pour sa part, le ministre palestinien de l'Information, Yasser Abed Rabbo, avait indiqué que certaines informations faisaient état d'une centaine de Palestiniens tués dans le camp de Jénine durant la seule journée du 6 avril.

Le général Kitrey a en outre accusé les hôpitaux palestiniens d'avoir refusé d'emmener les corps pour les enterrer. Les Palestiniens affirment que l'armée empêche les ambulances de circuler dans le camp, ce que Tsahal dément.

La ville de Jénine a été occupée à partir du 3 avril, mais l'armée a mis cinq jours avant de pénétrer dans le camp de réfugiés du même nom, où des combats sanglants ont eu lieu.


L'armée israélienne envisage d'enterrer les morts de Jénine.

JERUSALEM (AP) - Israël envisage d'enterrer les militants palestiniens tués dans le camp de réfugiés de Jénine, thé'tre des affrontements les plus meurtriers depuis le début de l'opération "Rempart" destinée à écraser les milices palestiniennes en Cisjordanie, a annoncé un porte-parole de Tsahal, vendredi.

Jeudi, alors que les derniers combattants palestiniens se sont rendus, le porte-parole de l'armée, le colonel Olivier Rafowicz, estimait à une centaine le nombre de Palestiniens tués dans les combats de Jénine.
Vendredi, dans une interview à la radio israélienne, le porte-parole de Tsahal, le général Ron Kitrey, a parlé de "centaines" de morts à Jénine mais Tsahal a très rapidement réagi en appelant les médias pour dire que le général voulait dire des centaines de morts et de blessés.

Cette question de l'enterrement des victimes palestiniennes pourrait constituer un casse-tête supplémentaire pour le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, actuellement dans la région pour tenter d'arracher un cessez-le-feu durable, dans la mesure où les Palestiniens accusent l'armée israélienne de vouloir cacher l'étendue et la nature des morts du camp de Jénine.

Les Palestiniens affirment ainsi que les soldats israéliens ont massacré des gens dans le camp et ont ensuite utilisé un bulldozer pour pousser les corps vers un charnier, ce que nie formellement Israël.

a réitéré ce démenti et nié l'existence d'un charnier. Il a annoncé que la collecte et l'enterrement des corps commenceraient vendredi.

Selon un autre haut responsable de l'armée israélienne qui a requis l'anonymat, les corps devraient être inhumés dans un cimetière spécial de la vallée du Jourdain. C'est dans ce cimetière que sont déjà enterrés dans des tombes anonymes les soldats libanais tués lors des affrontements transfrontaliers.

"Nous avons clairement fait savoir aux Palestiniens que s'ils n'enterrent pas leurs morts, nous serons contraints de les enterrer nous-mêmes pour prévenir toute épidémie et par respect pour les morts", a souligné ce haut gradé Israélien.

Selon le quotidien israélien "Haaretz" de vendredi, deux compagnies d'infanterie et des membres du rabbinat militaire se rendront à Jénine pour collecter les corps. Ceux des morts qui seront identifiés comme étant des civils seront acheminés vers un hôpital de Jénine avant d'être enterrés, précise "Haaretz" citant des sources militaires anonymes.

Le ministre palestinien Saeb Erekat a répété les accusations selon lesquelles les Israéliens chercher à cacher l'assassinat de civils. "Ils veulent cacher leurs crimes, les corps de petits enfants et de femmes", a dit Erekat.

Le ministre palestinien a estimé que Colin Powell devrait se rendre dans le camp de Jénine et témoigner de ce que Erekat a qualifié de "crimes de guerre".

Alors que Jénine était interdite aux journalistes depuis le 29 mars, début de "Rempart", ils ont pu y entrer jeudi pour constater un paysage de dévastation provoqué par les bulldozers de Tsahal qui ont éventré la plupart des maisons du camp.



La seule vérité sur Jénine est la dissimulation.

Par Mouin Rabbani, 12 avril 2002

[Mouin Rabbani est le directeur du Palestinian American Research Center de Ramallah]


Le matin du mercredi 10 avril, des témoignages ont commencé à filtrer du camp de réfugiés de Jénine à l'extrême nord de la Cisjordanie occupée par Israël, selon lesquels les défenseurs palestiniens avaient épuisé leurs munitions et ne pouvaient plus résister à l'offensive israélienne débutée le 2 avril. Alors que ceci semblait mettre une conclusion a la plus furieuse bataille menée sur le sol palestinien depuis 1948, les développements ultérieurs ont indiqué autre chose. A la nuit tombante, un des rares chefs de la résistance du camp survivant a envoyé un dramatique appel en direct au monde via le réseau de télévision de Al-Jareera, dans lequel il déclarait que les militaires israéliens exécutaient sommairement les combattants sans défense pendant leur avancée et refusaient la reddition des survivants. Appelant l'intervention immédiate de la communauté internationale et des organisations des droits de l'homme, il a fini en demandant aux spectateurs de lire la Fatiha (le chapitre d'introduction du Coran) pour les 'mes de ses compagnons et pour la sienne.

L'affirmation de ces atrocités supplémentaires perpétrées par les militaires israéliens à Jénine fut considérée suffisamment crédible pour que le secrétaire général du Hezbollah, Hasan Nasrallah, offre de rel'cher un colonel israélien détenu depuis octobre 2000, si Israël cessait son assaut sur le camp et garantissait la vie sauve à ceux qui y restaient. Des interventions décidées de la principale organisation israélienne B'Tselem, des membres arabes de la Knesset, et d'autres agitant la possibilité de répercussions judiciaires sévères contre le Premier ministre israélien Ariel Sharon, le ministre de la défense Benyamin Ben-Eliezer, le chef d'Etat Major Shaul Mofaz, et les autres directement impliqués dans le planning et l'exécution de l'opération de Jénine semblent avoir sauvé la vie d'un certain nombre des plus menacés, et la reddition contrôlée de plusieurs dizaines de combattants a été rapportée par le comité international de la Croix Rouge la nuit dernière.

Pourtant, au matin du 12, plus de 48 heures après que la bataille du camp de réfugiés de Jénine fût apparemment terminée, le camp reste strictement bouclé aux observateurs par l'effet d'une des zones d'exclusions les plus strictes de l'histoire d'Israël, et le son des mitraillettes se fait toujours entendre. Pratiquement tous les journalistes, les travailleurs humanitaires, les responsables d'agences humanitaires ont conclu que c'est parce qu'Israël a perpétré des atrocités majeures dans le camp et est occupé maintenant à en cacher les preuves.

La ville de Jénine a été une épine dans le pied d'Israël depuis avant même l'établissement de l'Etat juif. Dans les années 30, ses environs ont servi de base au chef religieux radical Izz-al- Din Qassam, de qui l'aile militaire du Mouvement de la Résistance Islamique, le HAMAS, tire son nom et dont la mort au cours d'une escarmouche avec les troupes anglaises a été le prélude de la révolte arabe de 1936-39. Pendant la guerre de 1948, Jénine a été la seule ville palestinienne conquise par les forces israéliennes dont ils furent chassés ultérieurement, en l'occurrence par une force expéditionnaire irakienne. Pendant la première Intifada (1987-1993), le district de Jénine a été la zone la plus active pour des groupes tels que le Front National de Libération de la Palestine (FATAH), les Black Panthers et les Aigles Rouges du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP). Et pendant le soulèvement actuel commencé en septembre 2000, avec le contrôle de plus en plus ténu de l'Autorité Palestinienne sur le nord de la Cisjordanie, des milices telles que les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa liées au FATAH, les brigades Izz-al-Din Al-Qassam du HAMAS, et les brigades Jérusalem du Djihad Islamique ont opéré à Jénine presque librement. Comme on l'a aussi noté, une bonne part des auteurs d'attentats suicide est venue du camp de réfugiés de Jénine. S'il est vrai que la pauvreté endémique du nord de la Cisjordanie peut expliquer ça en partie, c'est surtout en fonction de sa localisation, Jénine est près de la frontière avec Israël, et malgré des mesures sans précédent d'Israël pour la rendre étanche, ses militants n'ont pas eu beaucoup de mal à infiltrer les villes proches comme Netanya et Haïfa.

Localisés dans un espace d'environ 1 km2, les résidents du camp de Jénine sont originaires de la ville de Haïfa et des villages environnants, d'où ils ont été expulsés de force pendant la guerre de 1948. Localisé dans la plus grande des enclaves autonomes de Cisjordanie établies à la suite des accords d'Oslo, le camp a été l'objet de tentatives répétées des Israéliens pour le réoccuper depuis que Sharon est au pouvoir en mars 2001. Dans chaque cas les forces israéliennes ont été repoussées, cependant le camp a été occupé plusieurs jours en mars 2002, lors de l'"Opération Voyage de Couleurs", quand après une résistance initiale, ses défenseurs se sont éclipsés en masse pour garder leurs forces pour plus tard.

Avec la détermination de Sharon d'éliminer les directions palestiniennes, de détruire l'Autorité Palestinienne, de démanteler le mouvement national palestinien représenté par ses différentes tendances, il était évident que l'assaut viendrait tôt ou tard. Et de fait, assuré du soutien total de l'administration Bush, Sharon a saisi l'occasion immédiatement après l'attentat suicide du 27 mars par la HAMAS dans un hôtel de Netanya qui tua 27 Israéliens réunis pour un repas de la P'que.

La férocité de l'"Opération Bouclier Défensif" qui s'est déployée en 24 heures n'a guère été une surprise. Sharon, l'architecte de l'invasion du Liban et du massacre des camps de réfugiés de Sabra-Chatilla, a un bilan d'attaques délibérées et indiscriminées contre des civils qui remonte au moins au milieu des années 50, quand il commandait l'unité 101, notoire pour ses "raids de représailles" contre les villages de Cisjordanie. Les bilans de Pérès (par exemple le bombardement délibéré d'un camp de l'ONU plein de réfugiés libanais et palestiniens à Qana au sud-Liban, qui tua plus de 100 personnes), de Ban-Eliezer et de Mofaz sont tout aussi édifiants. Dans une perspective plus immédiate, l'extraordinaire sauvagerie de l'Opération Voyage de Couleurs en février-mars 2002, qui a laissé quelque 200 palestiniens morts et a comporté des massacres dans les camps de Cisjordanie de Tulkarem et de Jabalya et le village de Khuza'a dans la bande de Gaza, a aussi servi de présage.

De plus, à la veille de l'Opération Bouclier Défensif, un officier militaire israélien de haut rang a été cité par le quotidien israélien Yedioth Ahranot déclarant que compte tenu de l'opération à venir, la campagne nazie pour casser le soulèvement du Ghetto de Varsovie en 1943 méritait une étude approfondie en tant qu'exemple de combat de rue victorieux. Pour le moins, cette interview révélait que le but premier de la campagne serait de casser la volonté de la population palestinienne de poursuivre sa résistance à l'occupation. A l'égard plus spécifiquement des civils de Jénine, un officier de haut rang Israélien, cité par la quotidien Ha'aretz, a déclaré que des mères qui font grandir des auteurs d'attentats suicide ne doivent pas espérer passer au travers des conséquences.

Jusqu'à l'invasion de Jénine, l'Opération Bouclier Défensif a été un clair succès du point de vue israélien. La réoccupation des Ramallah et de Bethleem a écrasé la résistance qui de toute manière était faible et ösurtout à Ramallah ö mal organisée. Les pertes israéliennes furent minimales, l'administration Bush soutenant inconditionnellement, les européens plus subtilement et les pays arabes d'un silence écrasant. Malgré que les diverses milices opérant à Jénine aient décidé de tenir le camp, plus ou moins uni leurs forces et été rejointes par les forces de sécurité de l'Autorité Palestinienne, il n'y a pas d'indication qu'Israël s'attendait à moins qu'une simple promenade dans sa volonté de faire un exemple dans le camp. Ce faisant, Israël ignorait que les défenseurs de Jénine étaient capables d'adapter leurs tactiques sur la base de l' Opération Voyage de Couleurs et de ce qui avait transpiré de l'occupation des autres villes plus tôt dans la semaine. De plus, la politique israélienne de n'accorder aucune merci aux militants palestiniens et au personnel de sécurité des autres villes n'a fait que renforcer leur volonté de résister.

Ceci dit, la disparité entre les forces restait immense, Israël est une puissance nucléaire avec un arsenal massif plein d'armements américains sophistiqués, tandis que les Palestiniens ö qui n'ont ni armée, ni aviation, ni marine, pas même un seul véhicule armé, ont riposté avec des mitraillettes et une petite quantité de bombes et de grenades souvent faites sur place. Un côté a eu des hélicoptères Apache en l'air équipés de roquettes et de mitrailleuses lourdes tirant d'un bout à l'autre de la bataille, l'autre n'avait même pas le plus rudimentaire des armements antiaériens.

Alors que la réoccupation de Jénine-ville s'est faite relativement aisément, les Israéliens furent tout simplement incapables de faire une percée dans le camp. Malgré d'artillerie intensive du sol et par air, et l'emploi de dizaines de tanks, d'APC et de bulldozers blindés, les défenseurs du camp, retranchés dans le fouillis des ruelles étroites, offrirent une résistance féroce. Les rapports disponibles suggèrent qu'ils furent capables de neutraliser des véhicules armés assez régulièrement, et d'infliger sur les forces d'invasion des pertes plus lourdes que ce qu'Israël n'était prêt à admettre.

Les tactiques militaires israéliennes furent au départ similaires à celles employées ailleurs en Cisjordanie. En plus d'utiliser une puissance de feu très supérieure, des tireurs d'élite occupèrent les immeubles tout autour du périmètre du camp, et tirèrent sur tout ce qui bougeait, combattants ou civils, adultes ou enfants. L'eau, l'électricité et le téléphone furent coupés partout. Ni nourriture ni aide médicale ne furent autorisés à entrer. Les ambulances, les services de secours, les organisations humanitaires et les médias furent systématiquement empêchés d'accès.

Les militaires tentèrent d'abord d'utiliser la tactique du "trou de souris" ö couper au travers des cloisons pour aller d'une maison à l'autre ö déployée pendant l'opération " Voyage de Couleurs". Mis en face de pièges bien disposés, ils durent ressortir à la tactique de "rasage", où les maisons et b'timents sont soit détruits avec de puissants explosifs, soit rasés jusqu'au sol par des bulldozers blindés pour faciliter l'avance militaire. Dans certains cas l'armée entra d'abord pour en retirer les habitants de force. D'après de nombreux témoins oculaires, il y eut aussi de nombreux cas où les militaires abattirent simplement les structures sur la tête des habitants, tuant ceux présents dedans.

Le 5 avril, le chef d'Etat Major Mofaz déclarait déjà victoire, disant que la bataile serait terminée la nuit même. Il dut faire la même sorte de déclaration les quatre jours suivants ö pendant lesquels il prit personnellement la direction des opérations depuis un hélicoptère Apache américain, pour être ensuite relayé par le ministre de la Défense. Le 5eme jour, 10 avril, au moins 13 soldats israéliens furent tués et peut être autant blessés au cours d'une embuscade élaborée, et deux autres furent tués lors d'échanges ultérieurs. Ce fut la journée la plus sanglante pour les militaires depuis le début de la deuxième Intifada, et une de ses pires depuis la guerre d'octobre 1973.

Les lourdes pertes à Jénine öofficiellement 23 morts et 150 blessés ö et la capacité qu'a eu ce petit camp à tenir face à la pleine puissance militaire israélienne pendant trois jours de plus que le monde Arabe entier en 1967, viennent de l'élever au rang d'une légende dans toute la région, qui a suivi de près le drame en cours gr'ce aux rapports détaillés fournis par Al-Jazeera, Al-Manar du Hezbollah, et les autres stations par satellite. De telles relations incluèrent des interview en direct avec des commandants, des résidents du camp, des activistes, des officiels de l'Autorité Palestinienne, des professionnels de la santé et d'autres personnes à Jénine.

La couverture extensive de la bataille du camp de réfugés de Jénine dès son début malgré l'exclusion hermétique des journalistes et des agences humanitaires a aussi signifié que le public arabe ö et donc le monde entier ö a été parfaitement conscient dès le début de la catastrophe à venir. Ceci signifie nécessairement que la communauté internationale ö et spécialement les USA et l'Union Européenne qui avaient evidemment plus d'informations disponibles que le public arabe, et qui seuls ont l'influence nécessaire pour agir sur la politique et les actions israéliennes ö ont consciemment refusé d'entreprendre des mesures efficaces pour empêcher ou arréter les travaux en cours de Sharon. En vérité, quand Kofi Annan, le 10 avril, se dit "franchement interloqué" par les rapports qu'il recevait des territoires occupés, lors d'une conférence de presse conjointe à Madrid, le secrétaire d'Etat Colin Powell précisa qu'Annan parlait pour lui-même et que les USA étaient seulement "préoccupés".

Ceci dit, les organisations internationales ont aussi misérablement failli. Le camp de réfugiés de Jénine est administré par l'Agence des Nations Unies pour l'Aide et le Travail pour les Réfugiés du Proche-Orient (UNRWA).; malgré les paroles du Directeur Général de l'UNRWA parlant de "rapports horrifiants" venant du camp de Jénine et de "catastrophe humanitaire", Annan faillit complètement à utiliser l'autorité de sa charge pour exprimer publiquement et explicitement son inquiétude à propos d'un massacre en cours. De même, au plus haut de la crise le Comité International de la Croix Rouge a simplement plié la tente et rangé les outils, déclarant qu'il ne pouvait pas garantir la sécurité de son personnel d'une attaque israélienne. Les Palestiniens virent cela comme un grossier manque au devoir, et mirent en doute ouvertement que les soldats israéliens auraient employé la violence sous azimut contre les collègues étrangers comme ils le faisaient contre les ambulanciers palestiniens.

Que des atrocités d'une importance et d'une nature



03/07/2007
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