albatroz - images, songes & poésies

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hommage à robert davezies

« La nouvelle de la fin de cette guerre est tombée… et j’ai pensé ceci et je le

pense toujours : que les hommes ne sont pas le jouet d’une destinée, au

contraire, que les hommes ont le pouvoir de faire leur histoire, que leur

destinée est dans leurs mains. » R. Davezies

 

HOMMAGE à ROBERT DAVEZIES

Prêtre, physicien, poète et essayiste,

militant de la cause de l’Indépendance de

l’Algérie, mort le 23 décembre 2007 à Paris.

 

Jeudi 15 Mai 2008 à 19 heures

Centre Culturel Algérien

171 rue de la Croix- Nivert Paris 15ème

M° Boucicaut ou Convention

Tel. O1 45 54 95 31

 

Autour d’une lecture de ses textes et poèmes et d’extraits du film Les frères

des frères, qui évoque l’engagement en France de nombreux militants

anticolonialistes, ses proches et ses camarades de luttes témoigneront de cet

homme exceptionnel.

 

MARTIN dans la clandestinité. Né le 30 avril 1923 à Saint-Gaudens (Hautes-

Pyrennées, France) ; licencié es sciences, prêtre à Lannemezan de 1951 à

1953 ; détaché à la Mission de France en 1953, ingénieur au Laboratoire de

physique de l’Ecole Normale Supérieure à Paris, militant du Mouvement de la

paix ; à partir de 1957, actif dans l’aide au FLN dans le groupe de Jean Urvoas

puis aux réseaux Jeanson et Curiel ; échappant à un mandat d’arrêt en octobre

1958, permanent auprès de la direction de la Fédération de France du FLN à

Cologne (RFA), enquête à la frontière de la Tunisie (Le Front, 1959) ; rentré

clandestinement en France, arrêté à Lyon le 29 janvier 1961, libéré le 4 juillet

1962 ; après mai 1968, animateur du Comité d’action pour la Révolution dans

l’église.

 

Il entre en 1945 à 22 ans au Grand séminaire de Tarbes. Pour lui, le Christ s’identifie

aux exploités, au prolétariat. L’Eglise s’est coupée du peuple, a « perdu la classe

ouvrière » ; il faut porter l’Evangile en ce « pays de mission » la france. Ordonné

prêtre à 28 ans le 29 juin 1951, R.Davezies devient vicaire à Lannemezan, petite ville

entre Tarbes et Toulouse ; il obtient en 1953, son détachement à la Mission de

France. Complétant sa licence de mathématiques, il entre dans une équipe qui

travaille dans les institutions scientifiques à l’exemple du père Bernard

Boudouresques, au Centre d’études nucléaires de Saclay. A partir de septembre

1955, R.Davezies est employé comme ingénieur de recherche au Laboratoire de

physique de l’Ecole normale supérieure. Sensibles aux luttes de libération, il

fréquente un milieu de chrétiens progressistes, catholiques et protestants.

Découvrant la question coloniale, il identifie l’immigration algérienne au prolétariat.

C’est aux journées du mouvement sur l’Algérie, en juin 1957 à la Maison des

métallurgistes que Jean Urvoas qui pratique déjà l’aide au FLN, le fait entrer dans

son groupe de soutien, formé des « copains » qui gravitent autour de la Mission de

France et de la paroisse du quartier Italie. A son tour Robert Davezies va beaucoup

recruter ; il se charge des passages en Espagne par les Pyrénées, des liaisons et

dépôts, plus tard des caches de l’argent de la Fédération de France du FLN. En effet

à partir d’octobre 1957, le groupe se lie à ce qui devient le réseau Jeanson et plus

tard s’associe aux activités du groupe Curiel. L’anticolonialisme devient premier, ce

qui implique l’indépendance de l’Algérie. A partir du 16 Mai, sous le pseudonyme de

Martin, il devient permanent des réseaux de soutien, le seul permanent, s’employant

à superviser les transferts de fonds et répondant des passages de frontières. Suite

aux arrestations suivant la tentative d’attentat FLN contre Jacques Soustelle, il est

recherché pour avoir convoyé les militants venus d’Espagne, un mandat d’arrêt est

lancé contre lui le 16 octobre 1958.

Le 17 octobre, il sort de France pour rejoindre Cologne où se trouve le Comité

directeur de la Fédération de France du FLN ; il travaille à son service. En 1959 il

rejoint le père Mamet en Tunisie pour recueillir les témoignages des réfugiés

algériens au Kef et auprès de l’ALN des frontières et publie Le Front aux les

Editions de Minuit début octobre1959.

Inculpé dans le procès de l’OS (organisation spéciale du FLN, France) en avril1959,

il fait sensation par une lettre adressée au président du Tribunal militaire de Paris. Le

16 avril 1960, Robert Davezies est condamné par défaut à 10 ans de réclusion et 20

ans d’interdiction de séjour. Le cardinal Liénart désavoue la lettre et affirme que le

père Davezies ne représente en rien la Mission de France.

Se rendant facilement en Suisse, Davezies soutient l’organisation du groupe de

déserteurs qui constitue un noyau du mouvement Jeune Résistance fondé en mai

1959, autour de Jean-Louis Hurst (Maurienne, l’auteur du Déserteur), du communiste

opposant Louis Orhant, du militant catholique progressiste Gérard Méier. Il se sent

très proche d’Henri Curiel qui entend créer un Mouvement anticolonialiste français

(MAF) sans se couper du PCF ; à la fin de 1960, le groupe Jeune Résistance de

Suisse décide des retours en France pour mener une action clandestine ; Robert

Davezies gagne la région lyonnaise. Lors d’un rendez-vous à Annemasse avec

l’éditeur Nils Andersson , il est arrêté le 29 janvier 1961. Bien que resté pour partie à

l’état d’ébauche, Nils Andersson publiera en mars à Lausanne Le Temps de la

Justice qui commente les raisons de l’engagement politique, mariant Lénine et

l’Evangile.

Condamné pour faux et usage de faux, par le tribunal de Lyon le 15 mars 1961, à 4

mois de prison, Robert Davezies est transféré à la prison de Fresnes avant de

comparaître devant le Tribunal militaire de Paris. Le cardinal Liénart désavoue à

nouveau les positions du père Davezies, mais lui rend visite plus tard en novembre

1961 à Fresnes où Davezies se sent réconforté par l’entourage du millier de

prisonniers du FLN et des prisonniers politiques français des réseaux. Les

négociations avec le FLN vont leur cours alors que se déroule son procès du 9 au 12

janvier 1962 ; « c’est le procès de la colonisation et de la guerre d’Algérie ». Il est

assisté d’un collectif d’avocats et reçoit le soutien d’une trentaine de personnalités,

de René Capitant à Louis Aragon. Il est condamné à trois ans de prison et trois mille

francs d’amendes. Trois jours après, le 15 janvier, le même tribunal acquitte trois

militaires français auteurs de tortures ayant entraîné la mort dont celle d’une jeune

algérienne Saadia Mebarek. Libéré le 4 juillet 1962, Robert Davezies lance une

campagne pour la libération des condamnés français pour soutien au FLN (brochure

L’amnistie des républicains). En 1963, il publie un roman inspiré par son expérience

de prison pendant la guerre d’Algérie Les Abeilles puis des recueils de poèmes

évoquant mais pas seulement les luttes de libération. Il soutient l’action contre la

colonisation portugaise en Angola (Les Angolais, 1965).

Les mouvements de Mai 1968 le conduisent à fonder le Comité d’action pour la

Révolution dans l’Eglise (CARE) animant l’association des prêtres contestataires dite

Mouvement du 3 novembre, Echanges et dialogue.

 

Source : Notice de R. Gallissot à paraître dans le Dictionnaire du mouvement

ouvrier Maitron

 

 

 

 

Bibliographie établie par RD lui-même : Le Front, Editions de Minuit, Paris,

1959.Les Abeilles, roman, Editions de Minuit, Paris, 1963.Les Angolais, Editions de

Minuit, Paris, 1965.La rue dans l’Eglise, Editions de L’Epi, Paris, 1968.La révolution

dans l’Eglise, in L’Eglise interrogée, de Claudio Zanchettin, Editions du Centurion,

Paris, 1975.Echanges et dialogue ou La mort du clerc, en collaboration, Editions

IDOC-France-L’Harmattan, 1975.La Saint-Jean d’été, chansons, Editions de Minuit,

Paris, 1977.Camoin ou le voyage d’hiver, Editions de Minuit, Paris, 1978. La mort

d’Ulrike Meinhof, Rapport de la commission internationale d’enquête, en

collaboration, Editions François Maspéro, Paris, 1979.L’eau et le vin, Editions

François Maspéro, Paris, 1981.Véroniques, Editions L’Age d’Homme, Lausanne,

1991.La Reine de carreau, Editions L’Age d’Homme, Lausanne, 1993.Clairières,

Lettre à Yves Burdelot sur La Reine de carreau, Editions L’Age d’Homme, Lausanne,

1996.Un doigt de café, Editions L’Age d’Homme, Lausanne, 2000.Il entrait sans faire

de bruit…, in Robert Barrat, Un journaliste au coeur de la guerre d’Algérie 1954-1962,

1988, réédition Editions de l’Aube, 2001.Un temps pour la guerre, Editions L’Age

d’Homme, Lausanne, 2002.La fête locale, Editions L’Age d’Homme, Lausanne,

2004.Michèle Beauvillard, in Elles et eux et l’Algérie, Editions Tirésias, Paris,

2004.Une foule de châteaux et autres écrits, Editions L’Age d’Homme, Lausanne,

2006.



29/04/2008
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