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l'insurrection en Lybie

L’insurrection en Lybie s’étend à la capitale de Tripoli
 
 

Des coups de feu sont entendus dans la capitale en même temps qu’arrivent des informations sur des défections d’unités de l’armée dans Benghazi, et sur des critiques formulées par les chefs tribaux vis-à-vis du pouvoir libyen.

 

 

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi se battra contre la révolte populaire jusqu’au « dernier homme debout », a déclaré lundi un de ses fils, alors que les habitants de la capitale se sont pour la première fois joints à des manifestations après plusieurs jours de violentes émeutes dans la ville orientale de Benghazi.

 

Les manifestants anti-gouvernementaux se sont rassemblés dans les rues de Tripoli, tandis que les chefs tribaux ont pris position contre Kadhafi et que des unités de l’armée ont fait défection en passant à l’opposition. La libye, pays exportateur de pétrole, connait une des plus sanglantes révoltes qui secouent le monde arabe.

 

S’exprimant à la télévision d’Etat le lundi, Saif al-Islam Kadhafi a déclaré : « Notre moral est élevé et le leader Mouammar Kadhafi est à la tête de la bataille de Tripoli, et nous sommes derrière lui, comme l’armée libyenne. »

 

« Nous continuerons à nous battre jusqu’au dernier homme debout, même la dernière femme ... nous n’abandonnerons pas la Libye aux Italiens ou aux Turcs. »

 

Les manifestants semblentt largement avoir pris le contrôle de la ville côtière de Benghazi, après avoir forcé l’armée et la police à se retirer de leurs quartiers. Des bâtiments publics ont été incendiés et saccagés.

 

Défection de soldats

 

Dans ce qui apparait comme le premier signe de troubles graves dans la capitale, des milliers de manifestants se sont affrontés avec des partisans de Kadhafi.

 

Des coups de feu ont retenti dans la nuit et la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, dont certains ont jeté des pierres sur des portraits de Kadhafi.

 

Human Rights Watch affirme qu’au moins 223 personnes ont été tuées en cinq jours de violence.

 

La plupart des tués l’ont été à Benghazi, berceau de l’insurrection et région où le soutien à Kadhafi a toujours été plus faible que partout ailleurs dans le pays.

 

Habib al-Obaidi, un chirurgien à l’hôpital Al-Jalae, déclaré que les corps de 50 personnes, la plupart tués par balles, ont été amenés là rien que dimanche après-midi. Deux cents blessés sont aussi arrivés, a-t-il dit. « L’une des victimes a été disloquée après avoir été touchée par un RPG (grenade propulsée par fusée) à l’abdomen. »

 

Les membres d’une unité de l’armée connue sous le nom d’escadron « Thunderbolt » avaient amené certains de leurs camarades blessés à l’hôpital.

 

Les soldats ont dit qu’ils avaient fait défection pour se joindre aux manifestants et qu’ils avaient combattu et vaincu la garde d’élite de Kadhafi.

 

« Ils disent maintenant qu’ils ont maîtrisé la garde prétorienne et qu’ils ont rejoint la révolte du peuple », a déclaré à l’agence Reuters par téléphone l’avocat Mohamed al-Mana, présent à l’hôpital.

 

« Des coups de feu dans les rues »

 

Bien que Kadhafi ait tenté de réprimer les manifestations dans la ville orientale de Benghazi, Al Jazeera a commencé à recevoir des témoignages de « mouvements de protestations » dans la capitale de Tripoli ce lundi matin.

 

Ont également été signalés des affrontements entre les manifestants anti-gouvernementaux et les partisans de Kadhafi autour de la Place Verte [à Tripoli].

 

« Nous sommes à Tripoli, il y a des slogans [visant Kadhafi] : ’Où es-tu ? Es-tu capable de sortir si tu es un homme ??’ » a déclaré un manifestant à Al Jazeera par téléphone.

 

Un autre habitant a déclaré à l’agence de nouvelles Reuters qu’il pouvait entendre des coups de feu dans les rues en même temps qu’une foule de gens.

 

« Nous sommes à l’intérieur de la maison et les lumières sont éteintes. Il y a des coups de feu dans la rue », a-t-il déclaré par téléphone. « C’est ce que j’ai entendu, des coups de feu et les gens. Je ne peux pas aller à l’extérieur. »

 

Un travailleur expatrié vivant dans la capitale libyenne a déclaré à Reuters : « Certains manifestants anti-gouvernementaux se rassemblent dans les zones résidentielles. La police veut les disperser. Je peux aussi voir brûler des voitures... »

 

Il y a également des informations faisant état de manifestants se dirigeant vers une résidence de Kadhafi dans la ville de Al-Zawia, près de Tripoli, avec l’intention de brûler le bâtiment.

 

Tribus « révoltées »

 

Le chef de la tribu al-Zuwayya dans l’est de la Libye a menacé de couper les exportations de pétrole si les autorités ne cessaient pas ce qu’il a qualifié « d’oppression des manifestants » . La tribu Warfala, une des plus importantes de la Libye, aurait rejoint les manifestations anti-Kadhafi.

 

Parlant à Al Jazeera, le cheikh al Faraj Zuway a déclaré : « Nous allons arrêter les exportations de pétrole vers les pays occidentaux dans les 24 heures » si la violence ne s’arrête pas. La tribu vit au sud de Benghazi, qui a subi la pire des violences de ces derniers jours.

 

Akram Al-Warfalli, une figure de proue de la tribu Al Warfala, a déclaré à Al Jazeera : « Nous disons au frère (Kadhafi) qu’il n’est plus un frère, nous lui disons de quitter le pays. » Cette tribu vit au sud de Tripoli.

 

Des manifestations ont également éclaté dans d’autres villes, dont Bayda, Derna, Tobrouk et Misrata - et des graffiti anti-Kadhafi ornent les murs de plusieurs villes.

 

Défections dans l’armée

 

Les manifestants anti-gouvernementaux dans la ville orientale de Benghazi auraient saisi des véhicules de l’armée et des armes.

 

Un témoin direct a déclaré qu’une partie des troupes avait rejoint les manifestants ce dimanche, et que le chaos avait balayé les rues de la ville, la plus touchée par le soulèvement contre la dictature vieille de plus de 40 ans de Mouammar Kadhafi.

 

Mohamed, un médecin de l’hôpital al-Jalaa à Benghazi, a confirmé à Al Jazeera que des soldats avaient pris parti pour les manifestants.

 

« Nous recevons encore des blessés graves, je peux confirmer nouveaux 13 décès dans notre hôpital. Cependant, les bonnes nouvelles sont que les gens font des acclamations et crient leur joie à l’extérieur après avoir appris que l’armée prenait le parti du peuple », a-t-il dit.

 

« Mais il y a encore une brigade qui est contre les manifestants. Ces trois derniers jours, les manifestants ont été abattus par cette brigade, appelée la brigade Al-Sibylle. »

 

Des témoins ont déclaré à Al Jazeera que au moins 200 personnes sont mortes ces derniers jours lors des manifestations rien qu’à Benghazi.

 

« Massacre »

 

Des nouvelles sont parvenues d’un nombre croissant de tués dans Benghazi, la deuxième plus grande ville de Libye, et de tirs renouvelés des forces de répression dans la ville.

 

Sadiq al Ghiryani, un leader religieux libyen, a déclaré à Al Jazeera qu’un « massacre » était en cours dans la ville et que les coups de feu venaient pour la plupart de troupes mercenaires ... Kamal Hudethifi, un juge, a qualifié la tuerie de « nettoyage ethnique ».

 

L’agence de nouvelles Reuters a déclaré qu’au moins 50 personnes avaient été tuées à Benghazi depuis dimanche après-midi.

 

Moftah, un résident de Benghazi, qui a demandé Al Jazeera d’utiliser uniquement son prénom, a déclaré que la ville était devenue ces derniers jours une « zone de guerre ».

 

« Les habitants ont barricadé les rues avec des poubelles renversées et des débris, et les forces de répression se sont regroupées dans deux derniers quartiers, bien que des tireurs d’élite continuent de prendre les manifestants pour cible », a-t-il dit.

 

Les forces qui résistent sont des « voyous » fidèles à Kadhafi, explique Moftah, et ils tirent avec des armes de haut calibre sur les manifestants.

 

Ce témoignage a été fait un jour après que les forces de répression aient ouvert le feu sur un cortège d’enterrement dans la ville orientale, ce samedi, tuant au moins 15 personnes et en blessant des dizaines d’autres.

 

Un groupe de six mercenaires présumés - en provenance de Tunisie et d’autres pays africains pour renforcer les forces pro-Kadhafi - ont été capturés et arrêtés par des manifestants dans la ville de Shahat.

 

Appel au calme

 

Dans ce contexte de violence, les groupes d’opposition ont déclaré qu’une cinquantaine de responsables religieux musulmans ont exhorté les forces de répression à cesser de tuer des civils.

 

« C’est un appel urgent de savants religieux, d’intellectuels, et d’anciens des clans de Tripoli, Bani Walid, Zintan, Jadu, Msalata, Misrata, Zawiah, et d’autres villes et villages de la région de l’Ouest », dit le document signé par ce groupe de dirigeants.

 

« Nous lançons un appel à tous les Musulmans, au sein du régime ou qui l’aident de quelque façon, à reconnaître que le meurtre d’êtres humains innocents est interdit par notre Créateur et Son prophète bien-aimé, la paix soit sur Lui ... Ne tuez pas vos frères et sœurs. Arrêtez le massacre maintenant ! »

 

Partout dans le monde les gens se rassemblent en solidarité avec les manifestants, devant les consulats libyens et devant la Maison Blanche à Washington, la capitale des États-Unis.

 

Le gouvernement libyen a répondu aux critiques internationales en menaçant de représailles l’Union européenne [UE]. Il a déclaré dimanche qu’il allait cesser la coopération avec l’UE pour tenter d’arrêter les migrants illégaux en direction de l’Europe [où l’on voit, au sein de nos démocraties tellement éclairées et tellement hypocrites, le type de services que l’on attend des régimes dictatoriaux du bord de la Méditerranée - N.d.T].

 

 

 

21 février 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/a...
Traduction : Info-Palestine.net

 



21/02/2011
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